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Jeudi 2 avril 2009

Est-ce parce que, à l'instar de Janus, cette fleur annonciatrice de renouveau regarde à la fois devant et derrière elle que l'usage tolère que le genre de " perce-neige „ puisse être masculin ou féminin ? Và donc pour le féminin : " la „ perce-neige, plus musical et porteur de promesses au sortir de l'hiver.



Tiens, l'hiver... La légende nous apprend que la neige, sommée par les dieux de trouver une couleur par ses propres moyens, s'adressa aux plantes et que la perce-neige - qui ne s'appelait pas encore comme ça, et pour cause - fut la seule à daigner partager ses pigments. Touchée, Dame neige promit alors à sa nouvelle amie qu'elle aurait le privilège d'être la première des fleurs à pousser la tête hors de son manteau, à l'approche du printemps. Par la même occasion, l'humble clochette y trouva son nom.


Et puisque deux précautions valent mieux qu'une, c'est encapuchonné dans une double spathe foliacée que le bouton floral de la perce-neige arrive à traverser la couche neigeuse jusqu'à émerger sous la forme d'une clochette blenche et verte qui se penchera vers le sol en s'épanouissant. Une caractéristique qu'elle partage peu ou prou avec les autres membres de la famille des amaryllidacées au nombre desquelles on trouve nivéole et autre narcisse.



Riche en nectar, la perce-neige est également annonciatrice de printemps pour les abeilles, qui y trouvent une source précoce d'alimentation. Et si elle est plutôt rare spontanément, les bulbes implantés de cette petite vivace ont toutefois conquis nombre de parcs et de jardins auxquels la perce-neige apporte sa touche florale hâtive et annonciatrice de renouveau.


Sous l'angle médicinal, la perce-neige n'apporte rien qui justifie qu'on s'y attarde. Reste que voir émerger les premières d'entre elles apporte toujours un petit coup de pouce au moral, ce qui n'est pas négligeable non plus.



Galanthus nivalis L

perce-neige, goutte de lait

wallon (?)


Sources :

" Guide des plantes sauvages „ - Sélection du Reader's Digest.

http://lejardindenanny.skynetblogs.be


Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques - Communauté : Une Ardenne, des terroirs
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Samedi 28 mars 2009

Si le touriste n'est qu'une vache à lait destinée à être tarie pour le plus grand profit du plus petit nombre ;


si, dans cette logique, le tourisme ne doit être qu'une machine à crétiniser de plus, créant de la sorte un appel d'air vers de préalables crétins considérant l'Ardenne comme une poubelle, un camp d'entraînement pour lobotomisés en mal de saluts fascistes, ou une réserve d'indiens ;


si, pour sauver les meubles de ceux qui n'ont pas vu à temps le potentiel que représentait le tourisme authentique il faut apprendre, sous la contrainte en non par simple courtoisie, à parler un patois exogène agréant les nouveaux maîtres et supporter leurs vexations en tant qu'employés ou vestiges tolérés ;


s'il faut, pour permettre à des citadins malades de soigner leurs nerfs, châtrer nos villages de leurs étables, de leurs poulaillers, de leurs clochers, de nos chiens, de nos chats, de notre mode de vie rural et bientôt de nos gosses ; ou les rendre cliniquement purs à l'image d'une eau distillée qui n'engendre plus rien ;


s'il faut, pour limiter les dégâts de hordes imbéciles, faire de nos landes, de nos forêts, de nos rochers, de nos rivières, des Quartiers de haute-sécurité surveillés par des vigiles ;


s'il faut, pour le rendre accessible dans le cadre du nivellement par le bas ambiant, traduire tout ce qui fait la richesse de notre terroir en vocabulaire de " chatteur „ au stade terminal ;


bref, s'il faut se mettre une plume dans le cul pour ressembler à une autruche et faire, de la sorte, partie des notables, alors non, non, trois fois non au " développement touristique de l'Ardenne „ !


Vous me direz que tout ce qui précède est davantage un constat qu'une prophétie... et vous n'aurez sans doute pas tout-à-fait tort. Mais en fait je dis surtout ça parce que je me méfie de certains " décideurs „ qui n'ont plus fait de conneries depuis trop longtemps... c'est sur, c'est comme mon chiot : si tu ne le vois nulle-part et que tu ne l'entends pas...



Par Patrick Germain - Publié dans : Ca barde ! - Communauté : Les blogs régionalistes
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Jeudi 26 mars 2009

À l'heure ou les acteurs traditionnels ayant vocation de veiller à l'équilibre social de la société sont débordés par l'offensive tous azimuts du dieu financier et de ses serviteurs ;


à l'heure ou, par son manque de solidarité façe au cynisme des puissants, la classe moyenne tend à s'évaporer dans la richesse et, surtout, à se dissoudre dans la précarité ;


à l'heure ou autant de nouvelles croisades écologiques et/ou hygiénistes tendent, consciemment ou non, à marginaliser les milieux les plus modestes d'autant qu'ils sont plus modestes ;


à l'heure ou, par le biais de la publicité et de médias aux ordres, des pans entiers de notre culture sont vidés de toute substance et, in-fine, de toute (im)pertinence ;


à l'heure ou des millions d'individus sont abandonnés à leur sort façe aux machines à broyer binaires du profit ;


à l'heure ou tout laisse présager que ces processus, si ce n'est fait déjà, vont échapper au contrôle de leurs initiateurs ;


à l'heure ou l'humanité tend à n'avoir plus grand chose d'humain ;


à l'heure ou le caractère prophétique du " 1984 „ d'Orwell apparaît dans toute sa tragique réalité.


À l'heure ou, lassé de Grands Soirs sanguinolents dont le seul résultat est de placer des tyrans à la place de tyrans, j'en appelle à l'humaine résistance.


Je vous supplie, tous, quel que soit votre niveau culturel ou social, votre tranche d'âge, votre sexe, votre race, votre environnement philosophique ou religieux, de ne pas servir de faux dieux sous prétexte que les anciens seraient morts et l'humanisme obsolète ;


de retrouver le sens critique façe aux dogmes de patasciences décrédibilisant la science ;


de retrouver le sens critique façe à la communication des multiples services de propagande, aux ordres du cynisme des puissants dans le cadre de leur quête mégalomane de domination ;


de cultiver le dialogue de préférence à la communication, refusant de la sorte le confort autiste des petites boîtes dans lesquelles les entomologistes sociaux cherchent à nous confiner ;


de cultiver la tolérance et l'attention sociales à l'égard de tous, et en particulier à l'égard de ceux dont les différences apparaissent d'autant plus intolérables qu'elles manquent de cette soumission proprette chère à nos bons maîtres ;


de réserver, très concrètement et sans rien attendre de structures désormais débordées par l'offensive des serviteurs du néant, une part de vos biens, de votre intelligence, de vos possibilités de levier, si minime soient-ils, au service d'autrui dans un esprit d'humilité ;


de réveiller votre imagination et de mettre vos capacités de toute nature au service du futur.


Car il y a un futur, que la rage destructrice des puissances d'argent annonce paradoxalement, tant il est vrai que son parallélisme avec la démence sénile saute aux yeux.


Et ce futur, même si nombre d'entre nous n'en verront sans doute pas l'aboutissement, sera ce que nous en ferons, ici et maintenant. Sans attendre.



Mab' Taran (Patrick Germain) - barde d'Arduinna

Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques
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Mercredi 25 mars 2009

Chers amis,


j'entendais l'autre jour à la radio que le gouvernement britannique avait dans ses cartons une proposition de taxe sur le chocolat, d'une nature similaire à celle frappant le tabac et visant à combattre l'obésité galoppante des sujets de Sa Très Gracieuse Majesté.


Suivait un exposé des motifs invoqués, et, cerise sur le gâteau, le constat qu'un nombre croissant de médecins et chirurgiens britanniques refusaient désormais purement et simplement de soigner les obèses.


Cette dernière information, pour lacunaire qu'elle soit, ne m'étonnait guère puisque, voici quelques années déjà, il m'avait été donné de surprendre les paroles d'un chirurgien stagiaire qui, devant les infirmières du service de gastro-entérologie au CHU de Liège, déclarait péremptoirement, je cite de mémoire : " (qu'il) ne perdrait jamais son temps à travailler dans un service où 80 % des malades arrivaient par leur faute „.


Ce sinistre crétin, hélas, n'était jamais que le héraut pitoyable d'un hygiénisme désormais érigé en religion et qui, comme toutes les religions, a besoin de victimes expiatoires.


Alcoolique abstinent depuis quelques 24 heures déjà, je pourrais vous raconter par le détail ce que signifie la descente aux enfers consécutive à l'action de cette terrible maladie reconnue comme telle par l'OMS. Et vous dire qu'à ce sujet aussi, on assiste désormais au grand retour d'un ostracisme basé sur l'ignorance : on ne soigne pas des tarés.


La question n'est pas de savoir si le tabagisme, l'alcoolisme ou l'obésité posent problème et sont nuisibles à la santé. Il faudrait être idiot pour affirmer le contraire, quand même tout n'est pas aussi manichéen en la matière que d'aucuns voudraient le faire accroire.


La question est de savoir quels sont les - bons - moyens à mettre en œuvre pour lutter contre ces maladies et non pas contre les personnes qui en sont atteintes. En cette dernière matière, le régime nazi avait recours a des méthodes radicales dont on est en droit de se demander si elles ne constituent pas le phantasme suprême de certains de nos contemporains.


La question est de savoir jusqu'où l'intérêt général a le droit d'intervenir dans la sphère privée. Car cessera-t-on un jour de soigner les voyageurs atteints de maladies tropicales au prétexte qu'ils ont choisi de se rendre dans un pays à risque ?


La question est, surtout, de savoir quel dieu l'on sert et, partant, quelles couches de la société l'on vise. Gageons, par exemple, que la réaction de ce très cher stagiaire désormais chirurgien sans doute, sera passablement moins virulente façe à un foie d'alcoolique escorté par un généreux compte en banque que devant celui d'un clochard. Et la profession médicale n'est pas seule concernée.


Sous prétexte de lutter contre la surpopulation carcérale, notre pays va voir fleurir plusieurs nouveaux établissements pénitentiaires. Je dis " prétexte „ car toute personne ayant en quelque manière eu contact avec ce milieu sait que les prisons sont faites pour être remplies au-delà de leurs capacités d'accueil.


Puissions-nous, par la faute d'une perversion commune a bien des idées généreuses, ne pas nous rendre coupables d'une intolérance dont la conséquence ultime serait de ne laisser aux plus démunis que l'alternative de crever en silence ou de finir en prison.


Puissions-nous demeurer des hommes et des femmes dignes, conscients de nos propres lacunes et généreux envers autrui sans exiger au préalable qu'il ressemble au modèle de perfection que nous serions sensés être.


Puissions-nous, mes amis, rester humains. Tout simplement.
Par Patrick Germain - Publié dans : Ca barde !
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Lundi 2 mars 2009

Peut-être alors, un jour de grand silence ou nous aurons tourné le bouton des moulins à parole, nous retrouverons-nous près du ruisseau, à la source. Il y a là des arbres aux racines secrètes qui fouillent sous la berge la mémoire du temps. Nous étions, souviens-toi, des poussières d'étoiles avant cette saison d'argiles passagères, et nous reconnaîtrons dans ce qui nous entoure la présence du Tout, intense et fraternelle au-delà des paraître.



Il n'y aura alors ni commencement ni fin, ni élus, ni punis : juste un instant du monde où nos voix s'unissant à la voix des racines, du ruisseau et des pierres, nous fondront l'un dans l'autre sur la note parfaite et la note parfaite à l'Harmonie du Tout. Un jour, alors, près du ruisseau, nous saurons que l'exil n'était qu'une apparence, que nous avons marché l'un à côté de l'autre de toute éternité, que nos yeux sont ouverts sur notre temps d'aimer.


Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques
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