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Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 23:20

Petit préambule : le texte qui suit sera lu le samedi 12 juin dans le cadre de l'Avouerie d'Anthisnes, théâtre pour l'occasion d'une "Journée des Nutons" proposant diverses activités au nombre desquelles le "Premier Congrès de l'Académie Internationale et Intersidérale des Nutons". Le décor est planté. Mais que nul ne s'y trompe : lorsqu'il s'agit de Nutons, de Massotais, de telles réjouissances vont rarement sans quelque mise au point venues de l'On-ne-sait...

"À tous, saints et voyous, nobles Dames et ribaudes, présents et oyant au “Premier Congrès de l'Académie Internationale des Nutons„ : salut !


Ainsi retenu au Bailliage de Lierneux suite à la parution de mon dernier forfait poétique en date, plût au Roi des Nutons de se faire l'interprète fidèle de mes propos. Fidèle, et sensible.


Car j'ai silences à vous dire.


Silences.


Silences dans le tumulte des orgueils déployés comme autant de vaines bannières dans le murmure obstiné du temps qui passe, renvoyant les humains au sens de leurs argiles et toute certitude au tombeau.


Silences dans le vacarme des logorrhées, égales vanités de vaniteux prêcheurs servant vaines idoles aux socles fissurés.


Silences dans l'assourdissant va-et-vient des cloportes dans les coursives d'une nef en détresse, s'affairant à sauver ce qui va les noyer plus lourd sera le lest.


Silences dans l'hystérique hurlement d'hystériques Croisés de causes toujours neuves et toujours assassines quand leur temps est venu de mettre bas les masques.


Silences ! Silences ! Silences !


Je vous écris d'un Val perdu que ceux que l'on dit fous ont sauvé du saccage, eux autres paraît-il présentant un danger pour les monts et merveilles d'une que l'on appelle chez les soit-dit sensés : “la civilisation„. Celle qui convertit les nuages en poison, qui se chauffe aux oiseaux, salit les idéaux, et renie l'Or potable pour adorer l'or dur.


Celle qui nous a tant et si bien asservis qu'à l'instar des enfants battus nous la supplions de ne point cesser de nous avilir. Jusqu'à plus soif. Jusqu'à plus vie.


Je vous écris d'un Val paisible, comme on écrirait d'un miracle, comme déjà parti sur d'autres vibrations on pourrait délivrer leur musique, leur chant, à ceux-la en attente de s'y baigner un jour.


Silences.


Silences d'arbres, de rochers. Silences de renards, de castors et de cerfs. Silences de rivière bondissant ses écumes sur les berges mouvantes. Silences du tonnerre, silences des béliers du Grand Vent de Fraiture quand il conte aux vieux hêtres d'Ardenne les colères d'Armor, la sœur lointaine. Silences fraternels d'osmoses et qui même en puissance ne racontent qu'eux-mêmes : silences.


De ces silences menacés.


Aux dires du Petit Peuple réfugié des plaines, il me vient l'étrange nouvelle que ceux-la même qui l'ont tué chez eux sont partis sur sa trace pour trouver, disent-ils, quelque réconfort aux heures creuses. Pour trouver un peu de ce singulier silence qui se transforme en brouhaha sitôt les silences perçus.


Ça s'appelle tourisme, mais ça se garde bien de dire son prénom : “de masse„. C'est, clame-t-on, un “bon créneau„. Mais créneau rime avec assaut.


Il a frappé, déjà : les dégâts sont visibles autour de quelques lieux désormais asservis, châtrés de leur essence. Mais qu'importe cela. Mémoires dépassés, et valeurs impossibles à mettre en statistiques : il faut manger, pas vrai ? Manger plus, et sans cesse. Dévorer. Et détruire au passage tout ce qui peut faire écho aux hurlements de ces silences qui font peur, qui prêtent à penser hors du prêt-à-penser. Tellement inutiles. Tellement dangereux.


Je vous écris d'une vallée à laquelle une fée a donné son nom, issu des mémoires celtiques violées en d'autres temps par d'autres touristes : Lienne, la Lumineuse. Vous en écrirais-je encore longtemps ? Les armes sont puissantes aux mains des assassins, tant que même le barde en affûtant les siennes songe qu'il lui faudra bien du courage pour les affronter et qu'il n'est malgré tout qu'un homme.


Silences. Rentrer dans les silences du Val de Lienne, en Terre d'Arduenn, tant qu'il est possible d'y puiser la force de rester un fou aux yeux des insensés.


Vous attendiez de moi quelque légende belle, les échos saccadés du rire des Nutons, quelque récit mystique d'une de mes rencontres avec le Chevreuil blanc... J'en ai la tête pleine, le cœur n'y était pas : j'avais silences à vous dire."


Patrick Germain, barde et par ailleurs Grand Chancelier de la Confrérie, assumant le Bailliage de Lierneux.


Rassurez-vous : il en faut bien davantage pour plomber pareille assemblée, et c'est heureux. Mais il me plaît à penser que le contraste, parfois, donne leur part aux... silences...


massotai

 

Ce portrait original du Massotai est l'oeuvre de David Caryn, d'après nature.

Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques - Communauté : Les blogs régionalistes
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Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 13:53

Amis Eusarduens, bonjour ! Ça fait un bail, je sais, mais n'allez pas croire qu'il s'agissait d'indifférence à l'endroit de ce bon vieux blogue : la préparation et la promotion du nouveau recueil m'ont pompé pas mal d'énergie, d'autant qu'il s'agissait de "tout" faire. Mais voilà : ça y est !

 

recueilmed.jpg

 

 

Quand fleurira l'Épine„ - Patrick Germain

Recueil de poésie.
Éditeur : Spirale asbl à Ortho (Belgique)
Préface d'Albert Moxhet - Conception et illustration de Sophie Body.
Petit in 8° couronne (10/18), reliure dos carré collé, impression digitale ; 56 pages sur papier édition, couverture à rabats sur papier Conqueror 300 gr.

Extraits en ligne sur :
“Les Carnets de PéGé„ ( http://patrickgermain.wordpress.com/ )

Prix de vente 14 € frais de port compris

Il existe 21 tirés à part de ce recueil, signés et numérotés de 1 à 21, portant une intervention originale de la plasticienne liégeoise Sophie Body pour chacun d'entre eux. Prix de vente 25 € - frais de port compris

Disponible à partir du 9 juin 2010 sur http://www.livre-ardenne.com/
ou via l'échoppe : http://patrickgermain.wordpress.com/echoppe/
Ainsi qu'à la librairie “L'Aurore„, 23 rue Chienrue, à 4990 Lierneux - Belgique

NB : Cet ouvrage étant réalisé avec des moyens de promotion et de diffusion limités - c'est rien de le dire - toute contribution en la matière est la bienvenue : l'auteur vous en sera éternellement reconnaissant ;-)

Par Patrick Germain - Publié dans : Actu auteur - Communauté : Les blogs régionalistes
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Samedi 15 mai 2010 6 15 /05 /Mai /2010 11:51

"Il importe quelquefois de faire le ménage", me disais-je...


En quelque quatre années, Eus Arduenn a pris de l'ampleur et son auteur de nouvelles directions. Ce qui risquait de transformer ce blogue déjà touffu en un touffu touffu, si je voulais tout y intégrer. D'aucuns m'ont dit qu'après tout la vie était un touffu touffu et qu'un blogue ne représentait jamais que la projection d'une partie du touffu touffu dont question.


Reste que ce blogue est avant tout le fait d'un auteur soucieux de partager davantage ses créations que l'insondable pesanteur des jours à travers Noël chez Séba, ma nouvelle coupe de cheveux qu'elle est belle ou autre copine de Pierre-Yves qu'elle est bonne...


J'ai donc unilatéralement et de mon plein droit décidé de (re)centrer Eus Arduenn sur le côté "ardennais" au sens large (Celtique compris) et de consacrer un nouveau blogue à la création littéraire, aux "notes d'en-chemin" etc.


La chose s'appelle "Les Carnets de PéGé" et saura, je veux le croire, vous apporter autant de matière que Eus Arduenn dans des domaines qui, s'ils sont différents sur la forme, restent cohérents sur le fond touffu touffu tout en vous permettant de mieux... nous... y retrouver.


Il n'est donc pas question de "laisser tomber" Eus Arduenn, qu'on se le dise ;-)

 

Par Patrick Germain - Publié dans : Vie du site
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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 11:14

Moins régionaliste que rural, c'est moins cette matière sous mes yeux, que je chante, que les portes qu'elle ouvre.

 

Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques - Communauté : Les blogs régionalistes
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Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /Mai /2010 11:31

 

Vouivre, serpent lové aux portes des silences,
j'ai vu tes reflets d'or et les blés onduler
un matin de ciel clair où les pierres levées
vibraient sous le soleil et vibrait l'apparence.

Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques - Communauté : Une Ardenne, des terroirs
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