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Bardiques

Samedi 14 octobre 2006 6 14 /10 /2006 17:18
... tout simplement. Car il suffit de peu, d'un mot, parfois : bonjour !

À vous tous qui passez, pour autant de raisons (même aux inquisiteurs, pauvres chiens affamés, à plaindre plus qu'à battre...) : bonjour ! Que tout vous soit donné, ou rendu, au centuple. La semence est en vous, mes mots ne sont que terre : bonjour, selon vos voeux.

Bonjour à toi, surtout, venu chercher ici quelque raison peut-être, envers et contre tout, de garder haut le fer. Pour la beauté du geste, s'il n'est d'autre motif, quand tout s'est effondré, que tous se sont enfuis ; qu'il ne reste que toi, là, à te demander si c'est bien raisonnable. S'il ne vaudrait pas mieux courir à la gamelle, abandonnant les armes et ton habit crotté d'avoir connu la boue amère des défaites qu'il eût suffit d'un mot pour qu'elles ne soient pas. Pour que l'on t'applaudisse d'avoir abdiqué, ou d'avoir asservi.

Allez, va : poses-toi un instant sur ces pages, sachant que si c'est bien de moi qu'elles sont nées, c'est pour toi qu'elles parlent !

Ouvre, à côté des miennes, les fontes fatiguées accrochées à ta selle : ce soleil-là ! Cet autre ! Cet instant fulgurant au milieu de l'orage ! Et cette main tendue que nous n'attendions pas. Que nous n'attendions plus ! Cette vérité nue, dans cet instant précis où il te fut donné de comprendre à jamais qu'il faut chercher longtemps, et regarder la boue avec un regard neuf pour y trouver cet or à nul autre pareil que les puissants du monde crèvent de n'avoir pas, et dont les religions assènent à leurs serfs qu'il est une illusion. La première pépite que tu as découverte. Ce matin dans la neige, où tu croyais mourir, et qu'un aigle voyant par tes yeux l'horizon savait être celui où tu allais renaître ! Et ce regard d'enfant sous des cernes adultes qui te crie : « Continues ! » avant que de répondre au sifflet de ce maître dont il sait que tu es la clef de la défaite !

En selle, beau Seigneur ! En selle, gente Dame ! Nous avons tant à faire, et demain n'est pas sur : il sera toujours temps d'aller se reposer quand rien ne restera que ce qui fut donné ! Bonjour ! Bonjour à vous !

Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques
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Jeudi 15 février 2007 4 15 /02 /2007 13:53

Robert le géranium
ce pourrait être un homme,
qui verrait aux balcons
ses fils, ses rejetons,
le narguer, bedonnants,
éternel survivant
suivant la voie cachée
entre haies et ronciers.
Ce pourrait être un homme,
Robert le géranium,
qui n'a pas de regrets
car il a tout osé ;
même choir, et partant,
un sourire dedans,
danse sur l'horizon
que l'on voit des balcons.
Ce pourrait être un homme,
Robert, le géranium.

P@3ck
Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques
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Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /2007 16:20
EMBRUNS

J'ai mis les voiles de bon matin :

Je sais plus bien,
je sais plus bien,
si c'était mal si c'était rien,
si ça m'a fait un mal de chien...

Barre à babord sur le lointain :
on verra bien,
on verra bien,
hisse et ho où c'est où demain,
où peut bien mener ce chemin ?

Et dans la nuit va mon bateau :
Take it easy c'est bien trop tôt
Pour faire escale à Nulle-part,
Au pays des zombies zonards.

Tempête au large et dans le coeur :
j'ai tout plaqué bien avant l'heure ;
si partir c'est pas le bonheur
c'était au moins narguer mes peurs.

Et dans la nuit va mon bateau :
Take it easy c'est bien trop tôt
Pour faire escale à Nulle-part,
Au pays des zombies zonards.

Y'a des chausse-trapes dans les patelins
- c'est bien le moins
c'est bien le moins -
Idem protège son jardin,
Idem ne tendra que le poing ;

En contrebande au nez du chien
- ça fait du bien
ça fait du bien -
j'ai volé des petis matins :
t'en souviens-tu ô toi au moins ?

Et dans la nuit va mon bateau :
Take it easy c'est bien trop tôt
Pour faire escale à Nulle-part,
Au pays des zombies zonards.

Ca dure parfois pas des heures,
mais dis c'est comment le bonheur
au quotidien, quand il se meurt
entre l'ennui et l'impudeur ?

Et dans la nuit va mon bateau :
Take it easy c'est bien trop tôt
Pour faire escale à Nulle-part,
Au pays des zombies zonards.

Y a-t-il entre pannes et grains
- j'en sais trop rien
j'en sais trop rien -
un port qui me tende la main
une qui saura d'où je viens ;

un lieu un espace un jardin,
un ciel serein,
un ciel serein,
des yeux de femme dans les miens
qui me reconnaîtront enfin ?

Et dans la nuit va mon bateau :
Take it easy c'est bien trop tôt
Pour faire escale à Nulle-part,
Au pays des zombies zonards.

Même si l'amour est un leurre
- si le trouver est un malheur -
je veux miser sur une erreur
qui aurait la forme de ton coeur.

Car dans la nuit va mon bateau :
Take it easy c'est pour bientôt,
j'ai pas bravé tous ces connards
pour te laisser dans le brouillard.


(c) P@3ck - Mars 2007 -


Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques
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Jeudi 5 avril 2007 4 05 /04 /2007 23:06
Marches sombres en cascades
danse mon ruisseau
farandole
course folle
danse avec ton eau
et que danse ma vie au gré de tes saccades

comme danse l'enfant jusqu'à la mer nomade
danse avec ton eau
course folle
farandole
danse mon ruisseau
chante ma vie dans l'eau froide.

Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques
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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /2007 20:14
Haim Ginott (1922 -1972), psychologue américain d’origine juive, rescapé des camps de la mort, s’adressait ainsi à chacun des enseignants de l’établissement qu’il dirigeait :

"Cher professeur, je suis un survivant des camps de concentration. Mes yeux ont vu ce qu’aucun homme ne devrait voir : des chambres à gaz construites par des ingénieurs instruits, des enfants empoisonnés par des médecins éduqués, des nourrissons tués par des infirmières qualifiées et entraînées, des femmes et des bébés exécutés et brûlés par des diplômés de collèges et d’universités. Je me méfie donc de l’enseignement.

Ma requête est la suivante : aidez nos élèves à devenir des êtres humains. Vos efforts ne doivent jamais produire des monstres éduqués, des psychopathes qualifiés, des Eichmann instruits. La lecture, l’écriture, l’arithmétique ne sont importantes que si elles servent à rendre nos enfants plus humains".

Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques
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