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Mercredi 2 août 2006
La chose est entendue : à tout point de vue, le web est un média vivant. Avec ses qualités, et ses défauts. C’est aussi une technologie, une technique, nouvelle. Avec son jargon. Et là, je coince.

Car si le fait de jargonner n’est pas neuf  - il est même la chose la plus commune qu’un groupe d’humains initié dans l’un ou l’autre domaine s’empresse de mettre sur pied  - le jargonautisme, avec son anglomanie envahissante possède un talent certain pour faire grimper aux murs le francophone reconnaissant que je suis.

Autrement dit, les « blogs », « mails » et autres « bites » m’échauffent la bile. Et ce n’est rien de le dire.

Car le propre d’une langue vivante – et le français, jusqu’à preuve du contraire, en est une – est de s’approprier un terme exogène pour lui donner ensuite une forme correspondant mieux à sa structure, sa musicalité etc. Bref, à son originalité. Les anglophones ne s’en sont pas privés, au cours des siècles.

Or là, sur notre toile bien aimée, seuls nos cousins du Québec semblent décidés à faire de la résistance. Non point de cette résistance en habits verts dûment encoupolés avant momification, qui le plus souvent procède par rallonges et dissonances, non : d’une résistance belle, qui enrichit la langue en la faisant chanter.

Ce n’est sans doute pas un hasard. Ceux-là savent depuis longtemps qu’une langue vaut d’être défendue. Tant par principe que, surtout, parce que les mots – aucun mot – ne sont pas innocents. Tout langage induit une tournure d’esprit, une manière d’envisager les choses en les formulant.

Entendons-nous bien : il ne s’agit pas ici de donner dans l’anti-anglophonie primaire, voire l’anti-étatsunisme bête et brutal. Il s’agit, simplement, de mettre en garde vis-à-vis d’un snobisme jargonnant qui passe à côté d’un réel enrichissement de la langue française.

Prenez le temps d’une simple expérience, en répétant après moi – toi aussi, là… oui, toi – « mail, mail, mail, courriel, courriel ».

Alors ? L’est pas beau, ce « courriel » ? Moins efficace ? Mais dis donc, crâne de piaf, ta vie ne vaut-elle que par son efficacité ? Mise là-dessus, va, mais ne viens pas te plaindre lorsque, vampirisé d’avoir été efficace et viré par « mail », tu te retrouveras seul devant tes questions avec un langage de chimpanzé qui te mènera droit aux solutions simplistes qui font les lendemains qui chantent devant les tribunes d’horreur du parti unique !

Ce « courriel »… on en mangerait ! Et ce « blogue » ? Il ne sonne pas bien, ce « blogue », au contraire de ce « blog », qui tombe comme un bloc exprimant bien mal la fluidité de l’outil qu’il est sensé décrire ? Et « amorçage », voire tout simplement « démarrage », en lieu et place de « boot » ?

De tels exemples, il en est des tonnes que le site « jargon français » vers lequel j’ai créé un lien, aborde. Je ne m’étendrai donc pas. Mais, sacristie, faites un effort, promis ?

Dans le prochain article de cette rubrique, j’aborderai le « cent »… avec l’accent liégeois ou provençal, c’est carrément « massacre à la tronçonneuse » !

Par Patrick Germain - Publié dans : Ca barde ! - Communauté : Les blogs régionalistes
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Mardi 1 août 2006

Par Patrick Germain - Publié dans : Photos
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Mardi 1 août 2006
Quarante-huit moissons auront bientôt passé qui m'auront vu passer. Quatre et huit font douze ; un et deux font trois : entende celui qui entend, qu'apprenne ou que renonce l'autre.
 
Quarante-huit. Quarante-huit moissons émaillées de coquelicots et de bleuets. Quarante-huit moissons émaillées, dès le départ et par la force des choses, de doute. Un doute qui, même au fort des périodes de certitude(s), n'a cessé de me tarauder. Car mes certitudes, même elles, ont toujours été dubitatives. N'ont jamais constitué - j'en fus rarement, sinon jamais, dupe - qu'autant de plates-formes me permettant de me poser un instant pour souffler. Qu'autant d'expériences me permettant de passer, ensuite, à autre chose.
 
Idéaux, chers idéaux ! La vérité est ailleurs. Toujours.
 
Pourtant, matérielles, morales ou spirituelles, les cicatrices ne manquent pas qui attestent la sincérité de mes engagements. Sans doute, fait des universelles lois ou de mon sentiment de culpabilité (vous voyez que nous en partageons, des choses), voire des deux réunis, étaient-elles nécessaires, que je m'accorde un jour la légitimité d'affirmer qu'après tout, sans doute ne suis-je venu qu'apporter la part du rêve. Que j'accède à la légitimité d'apporter le rêve quand tant d'autres apportent le glaive.
 
La potentialité du rêve. Car les rêves, tous les rêves, sont réalisables. J'en veux pour preuve que chaque jour nous réserve son lot de cauchemars. Parce que la plupart d'entre nous, faute de croire dans ses rêves, se contente de vivre ses cauchemars. Et, ce qui est plus discutable, d'en faire profiter les autres. Un maximum d'autres, et au maximum.
 
A moins d'être représentant en savonnettes, ou marchand de soupe en sachets, de gris-gris certifiés foutage de gueule, voire d'armes, on ne peut bien apporter que ce qu'en quoi l'on croit. Que ce qu'en croix l'on croît. Quarante-huit moissons, et l'éventail se resserre.
 
Contemplatif, le bruit du monde me parasite. Quand il ne m'effraie pas, tout simplement. Car non, je ne crois pas dans l'homme - et encore moins "en" l'homme. Sans doute y a-t-il davantage de chercheurs de lumière qu'en l'an mille. Mais le panier de crabes, lui aussi, s'est étoffé : le pourcentage n'a pas changé. Et je vous laisse deviner de quel côté penche la balance.
 
Crabes frustrés, crabes vindicatifs, crabes prosélytes de prosélytes causes assassines, crabes incultes par choix délibéré, crabes en file indienne justifiés d'idoles, crabes engalonnés par de plus crabes qu'eux pour qu'au fond de la nasse s'étripent d'autres crabes, nourris de pourriture et gavés d'ignorance, pauvres crabes. Crabes. Et moi, et moi, et moi, crabe à mes heures. Et pas toujours aussi conscient de l'être qu'il le faudrait.
 
Agnostique à forte propension déiste, j'ai renoncé à chercher une famille. Religions et athéisme me laissent également sur ma faim. La Quête est affaire de solitude. Parce que la vie est affaire de solitude : avec la meilleure volonté du monde, personne ne peut être à la fois lui-même et l'autre. L'empathie, tout au plus. Mais ce mot, avec tout ce qu'il libère, tiendra-t-il longtemps encore au dictionnaire d'une humanité dont l'exponentielle folie semble n'avoir pas de limites ? Je finis par en douter.
 
De là à baisser les bras... De là à baisser les bras, il y a un monde. Le mien. Monde profond, mystique au sens actif, qui refuse de mourir. Et dieu sait si, pourtant et par autant de moyens, j'ai tenté de le détruire : pas toujours confortable, la peau de Jonathan. Envie, parfois, de rentrer dans le rang. Mais, à l'instar du goéland de Richard Bach, en vain : la beauté du vol vaut bien quelques gamelles. Et, pour tout dire, le grégarisme m'emmerde assez vite. Réjouissances impératives, pince-fesses, vernissages et autres dîners de cons, barbecues d'hypocrites et verres-de-l'amitié-mon-cul... tout ça me barbe, si ça ne me fait endêver. Et je suis franchement mauvais, dans les rôles de composition. Soit : voilà donc autant de portes fermées. Choix.
 
Mais ! Mais la lumière ! Mais d'autres portes ! Mais la main qui se tend, et l'amour qui se donne. Mais le vent d'altitude, l'espace à l'infini où les rencontres - rares - font oublier le reste ! Mais l'envie, le besoin, envers et contre tout, de poursuivre la Voie.
 
Barde. Parcours de barde, sans équivoque : du service des armes subsistent quelques beaux restes ; de l'étude des Mystères, une mystique ; des désordres du monde, un espoir, malgré tout ; des douleurs physiques ou morales, parfois extrêmes, autant d'étapes surmontées ; des étapes, souvent anachroniques, une vue d'ensemble. Avec, au bout du compte, un regard clair mais sans colère sur le monde qui aura su préserver tant ma capacité d'indignation que celle de rêver. Les pieds dans la boue, la tête dans le ciel : oui, c'est bien un barde que celà.
 
La part du rêve, pour le cristalliser. La part du beau, pour faire lever les nez. La conscience du pire pour instiller le tendre, part du meilleur. Pour nourrir les possibles. Là ! Là, je me sens à l'aise, à ma place, sur ma Voie. Facile ? Regardez autour de vous ; écoutez, ressentez. Mon choix, outre qu'il n'est pas d'époque et sans doute parce qu'il ne l'est pas, est réellement choix de combat.
 
Lors donc venez à moi, elfes et farfadets, fées, ondines, dieux anciens ; venez à moi, forêts d'Ardenne, landes, rochers, rivières, tiennes ; à moi genêts, arbres noueux ; à moi les brumes de légende, pluies d'automne, soleil dansant ; à moi la vie dans sa puissance, dans l'étendue de ses secrets ; à moi, qui dans le Sidh veillez. Soyez ma voix, mon souffle ; forgez mon verbe, guidez mon bras. Et que, par les Sept Sages, je ne défaille pas.
 
Je suis en l'univers, l'univers est en moi. Rien n'est fini, jamais, peu importe comment : ici et maintenant, désormais, je vois.
 
Si ça ne vous en bouche pas un coin...
 
Par Patrick Germain - Publié dans : Bardiques
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Mardi 1 août 2006
Cher vous,
 
qui de savoir ce qui peut bien se passer de circonvolutions en circonlocutions - urbi et orbi, en somme - dans la tête d'un barde au pays d' Arduenn êtes curieux, je vous ai compris !
 
Quelqu'un me demandait, hier - au terme d'une discussion passablement oiseuse du reste - si j'étais un homme déçu, sceptique, voire amer. La question semble de saison. Celle-la et d'autres. Le barde, en déduisais-je fort logiquement et dans un violent accès de narcissisme, est donc un mystère pour ses contemporains.
 
Déclic : "the answer my friend, is blowin' in the blog...".
 
En un mot comme en cent et un : levons un impudique coin du voile. Avec, ici et là, un zeste de folie douce, histoire de brouiller les pistes aux yeux subitement incrédules du neurone fainéant qui baigne dans le liquide de quelques (?) contemporaines boîtes crâniennes.
 
Car n'oubliez jamais, amis Pèlerins en ce bas monde, que le barde sonde l'insondable. A commencer par le sien. Non, cette fois, par narcissisme, mais parce que, comme disait l'autre : "Connais-toi toi-même et tu connaîtrais l'univers et les dieux*" ; avec son émeraldesque variation : "Il est vrai, sans mensonge, certain, et très véritable que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut comme ce qui est en bas : pour l’accomplissement des merveilles de la chose unique." Pirouette, cacahuète.
 
Va pour le blogue, donc. Des textes, des photos, pour vous dire ce que mon site ne dit pas forcément et, en tout cas, pas avec la souplesse d'utilisation - et donc la fréquence - que le blogue autorise.
 
Allez, zou : en route, Pèlerins !

*Merci, Theurix
 
Par Patrick Germain - Publié dans : Eus Arduenn
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