Samedi 8 mars 2008
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19:43
Bibine, c'était Colombine. Une belle petite poule bleue que j'avais appelée ainsi parce que, poulette, elle avait de sacrées aptitudes au vol.
Va savoir pourquoi je m'étais attaché à la plus indépendante de mes poules ? Celle qui était toujours occupée à chercher sa nourriture toute seule alors que les
autres se précipitent sur tout ce que tu leur donnes. La plus sauvage, mais pas la moins gentille. Faut être con pour dire que c'est con, une poule. Ou ne jamais les avoir regardé vivre.
Toujours est-il que, la, ben j'ai du chagrin.
Certains d'entre vous trouveront ça débile. C'est leur droit. Mais qu'on mette leur carnet de saillies à côté du mien, et je te fiche mon billet qu'ils comprendront
alors qu'on peut avoir des couilles et rester sensible. Et puis merde : j'ai pas à me justifier.
T'étais pas ordinaire, ma Bibinette. T'iras pas au bois, rejoindre le renard : demain, je te ferai un bon petit nid dans la Terre-Mère.
Tout est affaire de symboles, tout Symbole est Vibration, toute Vibration est entendue jusqu'aux tréfonds de l'Univers : va, Colombine, rien n'est fini, jamais. Je
t'aime, ma fifille.
Par Patrick Germain
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Jeudi 6 novembre 2008
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11:50
Lienne
À l'heure de l'épine, quand fleurit le printemps,
j'irai comme un amant vers l'onde cristalline.
De rochers en racines, sous un nuage blanc,
je prendrai en rêvant la sente qui chemine
sur la croupe mutine du vallon murmurant ;
y poser en passant ma trace pèlerine,
ajouter ma patine à celle d'un enfant,
mon père, poursuivant les fées de la colline.
J'irai comme on devine ce qui compte vraiment :
un ruisseau, le beau temps, une fleur sur des ruines,
un amour de cousine, les rires et les chants.
(tiré du manuscrit de "Quand fleurira l'Épine")
Par Patrick Germain
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Dimanche 8 février 2009
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08
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13:18
La déesse Arduinna se porte bien, par les temps qui courent. Reste à
savoir de qui l'on parle, et quels concepts se cachent derrière cette Dame qui semble bien n'avoir jamais chevauché un sanglier. Pèlerinage aux sources.
On ne m'ôtera pas de la tête qu'il est particulièrement réjouissant de constater çà et là un retour en force d'Arduinna dépassant les cercles traditionnels d'artistes et d'érudits. La déesse
tutélaire de l'Ardenne se porte bien, et l'on peut espérer que cette (re)découverte prélude à la diffusion d'une autre manière d'envisager notre rapport à l'environnement, au sens entier du
terme.
Allons vers elle au pas d'un pèlerinage, étape après étape, et en ne perdant jamais de vue que notre connaissance du monde celtique reste très lacunaire, surtout lorsqu'il s'agit de
spiritualité.
Il n'y a pas de dogmes, pas d'élus, pas de punis : il y a ce qui Est.
L'ARDENNE EN CES TEMPS-LÀ
Les premières mentions de la forêt ardennaise remontent à César et à Strabon. Le premier la décrit dans sa Guerre des Gaules : “ (...) il partit lui-même pour la guerre d'Ambiorix, par
la forêt d'Ardenne, qui est la plus grande de toute la Gaule, et qui, s'étendant depuis les rives du Rhin et le pays des Trévires jusqu'à celui des Nerviens, embrasse dans sa longueur un espace
de plus de cinq cents milles „
500 milles romains correspondent à environ 700 km !
Sans doute César n'est-il pas à une exagération près, et les cartographies de l'époque sont ce qu'elles sont. Mais l'importance stratégique et administrative des distances est telle qu'elles
semblent généralement rapportées avec précision. De plus, César distingue bien cette forêt de la forêt hercynienne et, par les limites qu'il en donne, il montre qu'il ne la confond pas non plus
avec la forêt vosgienne.
Pétrarque, au XIV siècle, la décrit encore : “ sombre et pleine d'horreurs „
OÙ SAINT REMACLE DÉPRIME
Pleine de mystères, aussi.
Car Hubert et Bérégise avaient eu beau implanter la foi chrétienne dans la contrée, saint Remacle n'en avait pas moins retrouvé plus tard les croyances anciennes pleines de vigueur, ainsi
qu'en témoigne son biographe, Hariger : “ Saint Remacle, saisi d'une douleur inexprimable, se hâta d'exorciser ces lieux infectés des erreurs de la gentilité, et il y fonda les deux
abbayes de Stavelot et de Malmédy. Mais les dieux et les déesses païennes disparus, les fées, les sorciers et les magiciens vinrent aussitôt occuper la place. „
Bien fait ! Et ce n'est pas fini, mon pauvre ami !
Quant aux dieux et aux déesses, ne vous faites aucune illusion. Dans la majorité des cas les chrétiens, lassés, en feront des saints et des saintes. Saints et saintes qui ne sont finalement que
des dieux de proximité quand ils ne sont pas, à l'instar de Brigitte de Kildare, la Grande-déesse soi-même.
Bref, ils sont toujours bien présents. La faute à Satan, diront certains.
LA “ RELIGION „ DES CELTES
On peut le voir ainsi. Et, ma foi, tant qu'ils ne font monter personne sur le bûcher...
Mais ne serait-ce pas plutôt “ la faute à une erreur d'aiguillage „ ? Car, qu'irait faire Épona au milieu du désert ? Au mieux y serait-elle accueillie avec une sympathie distante,
minimum que l'on se doit de témoigner à la foi d'autrui pour autant que celle-ci agisse de même à l'égard de la vôtre.
Étranger à la notion de révélation, le dieu suprême des Celtes est plus immanent que transcendant. Inconnaissable, il est dans tout et tout est en lui. Il est partout et nulle-part. Tout est
sacré, et rien ne l'est. Ce qui se soutient.
Pour compliquer encore les choses, il est établi que leurs contacts avec le monde Grec sont tout sauf anecdotiques et limités à des relations commerciales.
Tout ça laisse des traces. Des racines. Profondes.
Alors sans doute les druides que rencontreront les premiers missionnaires chrétiens n'ont-ils plus grand-chose à voir avec ceux rencontrés par César, lesquels étant eux-mêmes l'ombre de ce que
furent leur aînés. Et nombre d'indices laissent présager qu'il y avait un monde entre la perception “ religieuse „ des élites et celle du peuple.
Il n'en reste pas moins que même si l'on peut être d'accord sur le fond, on ne croit pas de la même manière dans les mêmes choses et les mêmes dieux lorsqu'on vit sous la pluie au milieu de
forêts immenses ou sous le soleil au milieu d'un désert.
ARDUINNA
C'est à ce point vrai que certaines divinités celtiques omniprésentes chez certains peuples sont totalement absentes chez d'autres, ou présentes mais sous une autre forme.
En fait, les Celtes n'avaient pas de religion au sens ou nous l'entendons actuellement. Ce qui n'empêche pas leurs divinités d'être bien vivantes, dans cette Europe christianisée (sur le tard,
dans bien des cas*) et non pas chrétienne comme d'aucuns voudraient le faire accroire**.
Comment venir à bout de dieux qui sont partout et nulle-part ? En empêchant les sources de couler ? En rasant les forêts ? En concassant les rochers ? Les tenants des religions plaçant l'Homme au
centre de l'Univers ont bien failli y arriver. Mais, là, ils commencent à se poser des questions...
Arduinna est donc toujours bel et bien là même si, historiquement, on sait peu de choses d'elle.
La forêt d'Ardenne reste impressionnante de nos jours et, par quelque point qu'on l'aborde, l'Ardenne se présente comme une masse sombre sur l'horizon. Tout ça n'était que plus prenant
encore par le passé, comme on l'a vu plus haut.
Lieu puissant, difficilement pénétrable, couvert de forêts entrecoupées de fanges et de vallées profondes, abondant de sources dont bon nombre possédant des vertus thérapeutiques, c'est tout
naturellement que le Celtes ont divinisé la Noire, ont divinisé Ar Duenn.
Arduinna était identifiée bien davantage qu'elle naissait. Et il n'y en avait pas trente-six. Il n'y a donc bien qu'une seule Ardenne. Vu ? :o)
PAS DE SANGLIER POUR ARDUINNA ?
D'aucuns en font une divinité locale. Faut il s'entendre sur ce que l'on appelle une divinité “ locale „.
Car si les peuples celtiques ne sont pas ou plus des peuples de la Déesse-Mère, celle-ci reste bien présente dans leur panthéon. Et tout porte à croire que lorsqu'elle n'apparaît pas en pendant
manifeste d'un héros/dieu masculin, la déesse féminine est systématiquement un avatar de la Déesse-Mère.
Arduinna possède donc toutes les caractéristiques d'un avatar, d'une forme particulière de la Grande-déesse au même titre qu'Épona ou Macha, par exemple.
Ou comme les “ Trois Vierges „, forme trinitaire évidente puisque la Grande-déesse était à la fois la mère, l'épouse et la soeur des dieux principaux. Tout ça évitant
finalement, au moins moralement, une série d'incestes tous azimuts rencontrée ailleurs...
Soit. Pour en revenir à Arduinna, on ne possède pas de représentation de celle-ci, à ma connaissance et à ce jour. Ce qui n'a rien d'étonnant : pourquoi vouloir représenter un “ dieu „
qui est Tout et donc présent en tout***? Une feuille, un symbole, suffisent, et les Celtes excellaient dans l'abstraction.
Comme bon nombre d'Ardennais sans doute, je possède une reproduction de ce que certains persistent à présenter comme une effigie de “ Dea Arduinna „. En fait, il s'agit d'une
Diane montée en amazone sur un sanglier, acquise à la fin du XIX° siècle par le musée de Saint-Germain-en-Laye. Ce pourrait avoir été une enseigne militaire.
Ceci dit, ce qui est faux d'un point de vue archéologique peut être vrai sous l'angle “ théologique „ : s'il vous plaît à y trouver une figuration d'Arduinna conforme à votre perception
de la déesse, personne n'a rien à vous dire.
Un autre dieu de l'Ardenne, masculin celui-la, est identifié avec une quasi certitude depuis le jour qu'une croix lui a poussé entre les bois. Comme quoi...**** Mais ça, c'est une autre
histoire.
À bientôt, Pèlerin !
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Notes
*Religion officielle de l'Empire romain (en déconfiture) à partir de l'an 381 de l'ère chrétienne, le christianisme mettra près de mille ans pour s'imposer – extérieurement en tout cas, et
pas souvent au sens figuré – à l'ensemble des populations européennes.
(L'expansion du christianisme en Europe (600-1300)
Carte Hachette Multimédia)
** Il est patent que l'unification de l'Europe, en tant que fait culturel bien davantage que politique il
est vrai, était déjà une réalité à l'époque du rayonnement celtique.
Constater que le christianisme soit un élément déterminant de l'histoire européenne est une chose, affirmer qu'il en soit le fondement est un non-sens portant le sceau de tous ceux qui, à travers
les siècles, ont bien davantage servi les intérêts de l'Eglise – du pouvoir - que ceux de la transcendance prônée par son instigateur supposé.
De ceux-la même qui sont infoutus de perçevoir les motifs profonds de leur échec, car c'en est un. L'accumulation de mensonges, et la violence des moyens employés pour les imposer à des peuples
dont les mentalités sont imprégnées par autant d'éléments étrangers au monde moyen-oriental, ayant nui bien davantage qu'un supposé “ complot judéo-maçonique „ et autres fariboles.
En s'éloignant du christianisme politique, les européens sont bien davantage en quête d'une spiritualité authentique dont les formes correspondent à sa culture, que dans le déni.
“ Dieu „ n'est pas mort : il sort de la douche, voilà tout... pas mal ça... © ... ;o)
Et pour ce qui concerne plus spécifiquement le thème de cet article, ces quelques lignes tirées du travail de Bruno Dumézil ne manquent pas d'intérêt :
“ Pour nos mentalités issues de la philosophie des Lumières, la conversion forcée ressemble à un vieux démon plus ou moins exorcisé. Comment penser que l’on puisse réellement obliger
quelqu’un à croire contre son gré ? Le sentiment religieux nous paraît incontrôlable, peut-être parce que nous avons établi une frontière claire entre le rite et la croyance : la violence peut
obtenir une participation à une cérémonie, mais en aucun cas l’adhésion à une foi nouvelle. Il semble donc naturel que dès que la menace s’éloigne, les « convertis de force » expriment à nouveau
leur sentiment personnel et retournent à leur culte antérieur. „
Quant à l'épouvantail de l'islamisation... laissez-moi rire.
Non, non, Benoît, à moins de réactualiser la Sainte Inquisition, ton pouvoir a perdu une partie que la transcendance, seule, peut gagner. Mais croyez-vous seulement à la transcendance, toi et tes
troupes de choc, figés dans le seul état d'Europe qui ne soit pas une démocratie ? Entre Paul et Jean, il y avait un choix à faire : vous avez pris la mauvaise option...
***Ce qui tendrait à expliquer par ailleurs que les Celtes tardifs aient adopté Jésus sans problème : tout étant en Tout, Tout est en tout et donc en tous. Nous sommes donc effectivement,
tous, des incarnations de/du dieu.
****À se demander si tout ça n'a pas été fait expressément... n'oublions pas qu'un fort courant celtique a marqué le christianisme, et qu'il y est toujours présent...
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Créative Commons Licence
Cet article est la version revue et augmentée de celui que j'ai écrit pour le webzine Médiardenne.
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Sources
Wikipedia
www.france-pittoresque.com
Jean-Louis Bruniaux : “ Les Druides – des philosophes chez les barbares „ - Le Seuil – 2006 – ISBN 2.02.079653.8
Gerald Messadié : “ Histoire naturelle de Dieu „ - Robert Laffont – 1997 – ISBN 2-221-07988-4
Henri Gratia : “ Au Coeur de l'Ardenne mythique „ - Weyrich – 2002 – ISBN 2-930347-10-4
Le Robert Historique de la langue française
“ Les Celtes „ - collectif chez EDDL éditeur – déjà cité sur Mediardenne, voir articles “ Celtes „.
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Iconographie – sauf mention contraire – Patrick Germain, y compris la céramique figurant Épona
Par Patrick Germain
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Mardi 10 février 2009
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/2009
11:53
"Verum, sine mendacio, certum et verissimum : quod est inferius est sicut quod est superius; et quod est superius est
sicut quod est inferius, ad perpetranda miracula rei unius. Et sicut omnes res fuerunt ab uno, meditatione unius, sic omnes res natae fuerunt ab hac una re, adaptatione (...)"
Par Patrick Germain
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Samedi 14 février 2009
6
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/2009
18:32
À l'heure ou Eus-Arduenn vient de rejoindre la “ communauté régionaliste „, il n'est sans doute pas
inutile de (re)préciser pourquoi je revendique le vocable de “ barde en Terres d'Ardenne „.
S'il ne fait aucun doute que la culture de Seine-Oise-Marne s'est implantée en Ardenne quelque trois mille ans avant
l'ère chrétienne, il est indéniable que ce sont les Celtes – aux confins des périodes de Hallstatt et de la Tène – qui vont la coloniser significativement pour la première fois. Ils y laisseront
de nombreuses traces, exploitant entre autres des gisements d'or natif et alluvial et y écrivant quelques unes des pages les plus émouvantes – à défaut d'être les plus médiatisées – de la
résistance à César.
Et s'il est probable que la déesse Arduinna soit d'origine pré-celtique, ce sont bien les celtes qui lui donneront
l'éclat nécessaire à la traversée des siècles.
Bref, le fait celtique ardennais précède de loin sa romanisation. Ne parlons même pas de sa christianisation, qui ne sera
jamais – pour preuve – une réussite complète et ne sera bien établie qu'avec l'arrivée de Remacle vers le milieu du VII° siècle.
Revendiquer l'identité celtique de l'Ardenne n'est donc pas, tant s'en faut, une hérésie.
Et même si les exemples de dérive ne manquent pas, revendiquer une identité celtique ne constitue en rien une adhésion
aux thèses d'une extrême-droite en mal de justification. Tant il est vrai qu'il est désormais établi que ces imageries, directement issues des divagations nationalistes et/ou romantiques qui ont
fait florès au XIX° siècle, ne correspondant quasiment en rien à la réalité d'une culture que les travaux les plus récents des chercheurs nous permettent - enfin - d'appréhender avec toute la
sérénité voulue.
RÉGIONALISME
De même, régionalisme ne signifie pas fermeture d'esprit, mais ouverture à l'autre, dans le cadre d'un dialogue ouvert
permettant entre autres de court-circuiter les nationalismes dans la perspective d'une dynamique européenne réellement constructive.
Il est en effet important, il est déterminant, pour l'avenir des grands ensembles qui se profilent à l'horizon de
l'humanité, que les particularismes qui vont les composer y entrent en tant qu'acteurs porteurs des richesses de leurs cultures respectives, et non en tant que matériaux plus ou moins consentants
d'une machine à broyer les identités.
En ce, on l'aura compris, je suis partisan d'une Europe des Régions. Régions qu'il sera indispensable de définir en
termes de culture, d'attaches communes, bien plus qu'en fonction d'impératifs économiques et/ou destinés à ménager les susceptibilités nationales.
En l'occurrence, l'Ardenne est une et indivisible, de Sedan à Monschau en passant par Bastogne et des portes de Liège aux
berges de la Sûre. Je sais qu'il est d'ores et déjà des projets de – nouvel – éparpillement de notre identité ardennaise, et j'invite tous ceux que ce phénomène préoccupe à réagir dès maintenant
par les moyens en leur possession.
BARDE ?
Dans un monde où il est important de pouvoir se situer sur une carte de visite, ma position est particulièrement
inconfortable. Les uns diront de mon parcours humain et professionnel qu'il est particulièrement riche, les autres qu'il révèle une instabilité chronique. Sacrés binaires, va !
En fait, il n'y a que dans le barde que je puisse me reconnaître.
Parce que je revendique, on l'a vu, l'identité celtique de l'Ardenne ; et que je tente de la dire et de dire l'Ardenne
par des moyens que l'on qualifiera d'artistiques : poésie, prose, articles, photographies, céramiques etc.
Parce que ces médias ne sont pour moi que des médias et non l'objet, l'essence, d'une quête beaucoup
plus vaste que celle d'une quelconque reconnaissance sociale.
Parce que je considère que les quelque cinquante années écoulées depuis ma naissance ont constitué, au moins pour
quarante d'entre elles, un lent apprentissage de l'humain dans toutes ses dimensions qui me permet, aujourd'hui, de me situer au début de ma période de restitution, de transmission. Étant entendu
que l'apprentissage n'est jamais fini dès lors qu'il s'agit, sans équivoque, de tendre à la connaissance du Soi. À une harmonie aussi intense que possible avec le Tout.
En ce, et sans me rallier à un quelconque courant sensé remonter aux origines d'un druidisme dont on ne connaît à vrai
dire pas grand chose, je me sens, pleinement, barde.
Voilà, je crois avoir tout dit, ou presque. Car il faut en garder pour la suite, n'est-ce pas ?
Par Patrick Germain
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