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Ca barde !

Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 15:41

Dans le mépris
de celle qui
fait ton ménage, et dans ton lit
un trou commode ou tu jouis :
est-ce cela que d'être un homme ?

Dans l'arrogance,
la suffisance,
de ton statut, des apparences,
l'amour est mort : quelle importance ?
Est-ce cela que d'être un homme ?

Dans la violence
des dépendances,
des coups de poings que tu lui lances,
des émotions de circonstance :
est-ce cela que d'être un homme ?

Dans l'interdit,
quand tout est dit,
qu'un nouvel amour lui sourie
sans te demander ton avis :
est-ce cela que d'être un homme ?

Dans le gâchis,
l'enfant promis
à servir plus qu'il est servi,
par qui ta haine s'assouvit :
est-ce cela que d'être un homme ?

Dans le silence
tu me balance :
"qui n'a jamais commis l'offense" ?
Mais quand vaudrait cette défense :
est-ce cela que d'être un homme ?


Par Patrick Germain - Publié dans : Ca barde !
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Samedi 21 octobre 2006 6 21 /10 /2006 13:36
Ce matin mon voisin et néanmoins pote Pat n'avait apparemment ni fumé l'eau de l'aquarium d'un poisson rouge de passage, ni bu la moquette vert pistache de chez Tonton Tapis qu'elle-est-à-chier-mais-qu'à-ce-prix-la-tu-sais... Bref : normal.

N'empêche. D'un seul coup, d'un seul, et sans les sommations d'usage, le voila-t-il pas qui me pulvérise la douce hébétude dans laquelle baignent traditionnellement mes premiers pas vers le jour qui s'annonce : "L'aura pas été terrible, cette année, l'été indien, hein ?" qu'il me dit !

Ça, tu vois, c'est le genre de truc qui me met de très mauvais poil quand on me le balance tandis que je baigne dans la douce hébétude (...) ! Parce que, précisément, dans la douce (...) il s'avère déterminant pour la suite des événements que mon cerveau gazole puisse préchauffer gaiement en redécouvrant son environnement au moyen de termes choisis. C'est ainsi : y'en a qui ont besoin d'entendre que la Bourse atteint des sommets, d'autres que les humains sont toujours aussi cons que la veille (oui, je sais, je me répète...) ou que sais-je encore. Moi, c'est la redécouverte de mon environnement en termes choisis.

Joe. Joe Dassin. C'est la faute à un mec nommé Joe Dassin. Ça s'invente pas : un interprète de talent, une de ces chansons qui te marquent leur époque et zou, te voila avec un "été indien" à la place de "l'été de la Saint-Martin".

Et là, tu vois, c'est plutôt un calibre choisi, pour massacrer tout ce qui bouge sur deux pattes, que mon cerveau recherche, furax d'avoir été arraché à (...).

Pourtant, il le disait bien, Joe :
"... C'était l'automne, un automne où il faisait beau
Une saison qui n'existe que dans le Nord de l'Amérique
Là-bas on l'appelle l'été indien..."

[... tibidoubidoubidoubidoubidoubidou (musique d'annonce) : "Ici Londres : "que dans le Nord de l'Amérique" - je répète : "que dans le Nord de l'Amérique" ... tibidoubidoubidoubidoubidoubidou (musique précédant le bombardement de votre chambre à coucher)...]

Bref, voila qui prouve au moins trois choses : la première, c'est qu'un auteur a toujours intérêt à sa la jouer modeste parce que, deuxième chose, les gens, là comme ailleurs, n'entendent généralement que ce qu'ils veulent bien entendre, et de la manière dont ils veulent bien l'entendre.

La troisième, c'est que... BORDEL DE MERDE, LE (LA) PROCHAIN(E) QUI ME PARLE DE L'ÉTÉ INDIEN, JE LUI MORDS SAUVAGEMENT L'OREILLE AVANT DE LE (LA) ROULER, TOUT(E) NU(E), DANS UNE FOURMILIÈRE BIEN ARDENNAISE ! COMPRIS ?!

Hmm ? Oui, je sais : y en a qui risquent d'aimer ça, mais bon... ;-)

PS : j'ai découvert naguère une joyeuse bande de dingues qui, entre autres choses, a revisité "L'été indien". La "Campagnie des Musiques à Ouïr", qu'ils s'appellent. Et dans le genre antidépresseur, ça décoiffe ! Par ici http://www.musicaouir.fr/ m'sieurs, dames, et je les ajoute de ce pas dans mes liens choisis.


Par Patrick Germain - Publié dans : Ca barde !
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Mardi 2 janvier 2007 2 02 /01 /2007 13:39
Alors, voila : pour 2007, je prends la résolution de... ne pas prendre de résolution. Le "lâcher prise" dans toute sa splendeur !

Parce que je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais les résolutions - mes résolutions - finissent tôt ou tard par partir en vrille. Si, de "bonnes" qu'elles étaient, elles ne s'avèrent pas complètement désastreuses à l'usage.

Du style : "je perds dix kilos". En foi de quoi je me vache comme une valise sans poignée devant une déprime dont un nutritionniste me dénicherait l'origine en cinq sec.

Mais, puisque parallèlement j'ai pris la bonne résolution "d'aller mieux", je me rends chez ma psy. Et j'en prends pour un tour supplémentaire d'analyse - solidement - transactionnelle. Mais c'est rien : "Plus ça fait mal, plus on approche du noeud du problème" ! Bref, me voila dans une panade de Dieu le Père jusqu'au jour ou, n'y tenant plus, je me rue chez mon boucher favori (José Michel, à Lierneux) la bave aux lèvres. J'y rafle une cargaison de bidoche, que je m'enfile comme une bête en une soirée, avec sauce et patates en prime.

Moralité, je me ramasse 500 grammes en sus des dix kilos que je devais perdre. Tout ça m'a coûté bezef, je ressens comme une désagréable envie de me mettre à roucouler bêtement et, surtout, j'ai les tripes en feu.

Les entrailles dans les mains, je cours chez mon généraliste. Lequel me met à la diète, ajoutant au passage que les régimes Marie-Chantal font généralement plus de morts que de mannequins. Là-dessus, j'achète un fusil à pompe. Massacre à la rédaction de Marie-Chantal, chez ma psy et - l'avait qu'à se manifester, c't'andouille - chez un nutritionniste pris au hasard !

Tu parles d'une "bonne" résolution ! Meeeeeerde !!!

Les bonnes résolutions sont à l'humain ce que la queue est à un chien : plus ça s'agite, plus ça fait du vent. Et plus ça sent mauvais.


Par Patrick Germain - Publié dans : Ca barde !
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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /2007 12:24
"Aujourd'hui, ce n'est pas tant le bruit des bottes que le silence des chaussons qu'il nous faut redouter !"
Amen.

Par Patrick Germain - Publié dans : Ca barde !
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Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /2007 15:17
Ça commence par un communiqué de presse de l'agence Belga :

vendredi 26 janvier 2007 – 17:16 "Les élèves de l'institut de formation technique et professionnel infirmier Vesalius à Ostende qui fument seront obligés de porter un badge".

Là-dessus, tu te dis "j'hallucine" ? Ben non.

Non. Mais était-ce si imprévisible que ça ? Ben non.

Non plus. Il y a quelques années, tu fumais partout et pas un non-fumeur ne mouftait. A tort, sans doute, mais le problème n'est pas là en l'occurrence. Vint l'ère des toussotements bcbg. Dans les lieux clos, d'abord. Pas dupe, tu t'es dit qu'on voulait te faire passer un message. Et que même si la forme était un zeste ridicule, voire irritante, le fond, ma foi... Ou tu as commencé à flipper sévère, c'est quand des nazes ont commencé à toussoter quand tu les as croisés dans une rue bondée de bagnoles.

T'avais tort : c'est pour-ton-bien ! Puisqu'on te le dit ! De là à faire porter un signe distinctif, il n'y avait qu'un pas. Franchi.

Ce que ça prouve ? Qu'il faut toujours te méfier, quand quelqu'un te dit quelque chose "pour ton bien". Décrypté, ça signifie qu'il a l'intention de te flinguer, d'une manière ou d'une autre, si tu n'obtempères pas.

Séquence "coming out" : j'ai arrêté de picoler grâce a des gens qui n'ont jamais prétendu connaître où était mon "bien". Ils m'ont simplement fait part de leurs expériences, de leur bien-être retrouvé, quand j'ai tendu la main vers eux, à bout de forces et dégoûté de moi-même. Ils ne m'ont pas dit : "Fais-le pour nous". Ils m'ont dit : "Fais-le pour toi. Le reste suivra" !

Ce sont des gens pareils, qui me font réfléchir à l'intérêt d'arrêter la clope. Ceux-la seulement. Les professeur Machin et autres curés de l'hygiénisme me font chier ! Parce que, tôt ou tard, ce genre de connard finit par développer un cancer nommé "intégrisme", dont on sait où il mène.

Dont on voit, où il mène. Et ça, c'est incurable !

Par Patrick Germain - Publié dans : Ca barde !
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