Dimanche 8 octobre 2006
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17:33
Et cet orage dans vos yeux, qui ravivait hier quand vous croyiez l'éteindre. Vous écriviez « raison » pour le déraisonnable : tant d'autres avant vous l'avaient fait, et pourtant. Les larmes du silence, accrochées au chevet, parlaient d’autres sommeils en d’autres lieux, alors, vous fermiez les paupières pour ne plus voir le jour.
Par Patrick Germain
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Samedi 7 octobre 2006
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09:48
Alors, je me suis assis, et j'ai pleuré...
Par Patrick Germain
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Lundi 25 septembre 2006
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13:38
L'aube meut ses frissons
Il plane
Présence-absente
Il plane sur les eaux
Et son Nom est Silence
Arbre dressé de la colline
Pilier
Homme,
Cette Lumière !
Par Patrick Germain
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Dimanche 24 septembre 2006
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14:10
La trace qui s'éteint sur la laisse de mer :
il marchait mais encore comment s'appelait-il ?
Douze coups de chagrin déjà c'était hier,
les chiens gueulent au vent glacé de notre exil.
Griffe, quatre saisons saisissent un éclair,
rien, cheveu de printemps scintille de grésil ;
nais, puisque c'est ainsi passager de la terre,
sois, mais sois à la vie funambule à son fil.
Urgence d'être cri, urgence d'être chair,
urgence de donner sans attendre fût-il
insensé de donner autant que désespère
cette béance en nous de naître à l'inutile.
Puis au-delà des dieux tutoyer le désert,
balayé d'océan pressentir comme l'île
pressent que les marées sont filles de la terre,
que le regard est vain s'il ne meurt au futile.
...
Parfois la main se tend tant qu'elle vient à taire
au moins pour un instant le trait, le sillon qu'il
nous est tant à douleur de porter solitaire
la plaie s'endort alors ; traces, vous souvient-il ?
Par Patrick Germain
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Vendredi 22 septembre 2006
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19:36
L'aube froisse un chagrin
ensommeillé, enfin,
et la pluie t'indiffère ;
il fait entre deux ports
dans l'étrange décor
où tu cognes aux chimères ;
demain, qui sait demain,
de quoi sur le chemin
sera faite la terre :
la peine qui te mord
fera briller de l'or
au front de la misère ?
Peut-être n'est-ce rien,
peut-être n'est-ce enfin
qu'une saison amère,
avant d'aimer plus fort,
étonné d'être alors
quand tout criait poussière.
Tu renaîtras matin,
saoulé peut-être bien,
encore, des colères
de l'orage trop fort
qui a brisé ton corps
dans sa nuit délétère :
rien, surtout ne dis rien,
offres ton coeur, tes reins,
donnes-toi sans repère ;
effacez du décor
hier, et sur un accord
allez à la lumière.
...
Par Patrick Germain
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