Hivernales

Publié le par Patrick Germain

La bruine fait des rides sur l'asphalte rouillée qui se perdra bientôt dans la terre des champs. Faut-il parler de terre : la boue envahit tout. Au-delà des pâtures la forêt se balance, émeraude incertaine que le vent en rafales malmène sans répit dans la clarté rugueuse où des nuages fous caracolent sans but, silhouettes fugaces aussitôt dispersées.

Il rôde des fantômes et des plaintes marines arrachées aux abysses là-bas, en outre-terre, font vibrer les houppiers comme autant d'instruments livrés à la démence. Mille béliers furieux accourus de Fraiture piétinent le pays, martyrisent l'espace qu'un pylône vaincu rend bientôt à la nuit sous un dernier assaut.

Là j'aurais murmuré ton nom dans la pénombre. Là je reste et j'écoute en n'attendant personne.

 

Publié dans Bardiques

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