Au pied de la lettre

Publié le par Patrick Germain

Épistolaire...
... eh pistolero...
... et puis c'drôle d'air...
... épique taulière...
... et pistolet (au jambon, je préfère)...
... épice, tôle, air...
... et puisque c'est comme ça, je me dis que la lettre, lorsqu'elle transite par les mains du facteur, c'est autre chose que de la bouillasse communiquante.

La lettre manuscrite, ça reste l'art majeur de la communication, parceque ça ne se limite pas à une simple communication. Parce qu'un courrier postal, c'est un échange en soi. L'écriture, l'encre, le papier, tout ça n'est pas anodin. Tout ça fait la différence avec le très clinique courriel. Pratique, certes, mais clinique. Peut-on imaginer un courriel qui permettrait de discerner dans quel état d'esprit a été rédigée telle séquence, à quel moment de la journée ?

Il m'arrive souvent, rien qu'en parcourant ses formes et ce qui a impressionné le papier, de precevoir la teneur d'une lettre manuscrite avant même de l'avoir lue. Ici, tel pli, tel changement dans l'agencement des jambages ; là, telle tache ; ailleurs, telle odeur, plus ou moins intense, plus ou moins volontaire ; avec, au bout du compte, tel masculin, tel féminin, à telle heure approximative de sa journée, dans telle odeur de cuisine ou de savon, de parfum plus ou moins volontairement imprégné.

Nos lettres nous racontent. Ce monde qui n'en finit pas de s'exhiber a peur de se raconter. Confusion, confusion, confusion... montrer son cul n'est pas se dire, communiquer n'est pas dialoguer.

C'est très physique, l'écriture manuscrite. Très sensuel. C'est l'animal mis en musique. C'est tout ce que cette époque n'est plus. C'est tout ce que cette époque craint. Sans doute parcequ'elle est trop grossière pour en percevoir la subtilité. Et quand-bien même : pourquoi faire dans le subtil, alors que le grossier est tellement plus rentable...

Écrivez-moi, s'il-vous-plaît, de belles lettres de temps en temps. De vraies lettres, avec du vous dedans, du vous d'encre, de papier, d'odeurs, de temps. Je vous promets d'y répondre à concurrence de la tenue de mes plumes ballon et de la réserve d'encre dans son flacon de verre translucide qui, là, aux avant-postes de l'écran, me rappelle que j'écris, aussi, pour la beauté du geste et les sensations qu'induit en moi le froissement de la plume sur le papier.

Patrick Germain
Menil 3/7
B-4990 Arbrefontaine (par Lierneux)
Ardenne
Belgique


PS : Perdre les sensations, c'est perdre le sens, c'est assister en spectateur à ce qui n'est plus qu'une projection de nous-même. On trouverait moins de conneries sur la Toile s'il les fallait, au préalable, écrire manuellement.

Publié dans Ca barde !

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Èsprit dèl Houlote 07/02/2009 19:03

Hoûte mi ben, vî houlpê, mitan d'boudisse : qwan on dispiète l'èsprit d'ine bièsse i'n'få nin s'plinde si i s'mosteûre ! N'esse nin twè, l'aute djoû, qu'a scrî à m'camaråde li bårde qu ca sereû plèhant di v'ritrové po hoûté l'houlote ? To ratindan ci moumint la, mi dji t'a fè on sènne po dire qu d'jèsteu d'acwèr. On pô come li tchivrou, si t'vou. Asteûre, si l'houlote tchante co l'nût qui vin, à l'plèsse di geûyî, rinteûre dins l'Grand Mouv'mint è va li djåzé po vèye çou qu'elle a à t'dîre... Få to l'z'y dire, godverdomme !

feravec 07/02/2009 00:26

que veux-tu, je suis un homme de compromis ... (mais pas de compromission).... djansos d'ôt tchwè ! li nut est au mitan...è d'j'intinds co cisse moseye hulotte !!! c'est fwèr ben è powétique è tot one nut , deux nuts.....treu ! mais asteur saint nom di hu , d'ja mèson di dwermir !!! d'ji li a dit d'clôre si gueuye min ele ni hoût rin ! heureusemin qui d'ja des boules quies !!!!qui t'nut seuye comme on voyayètche son' bâque d'on costé à lôt des firmament ! 

Patrick Germain 07/02/2009 19:17


Oups... dja l'idèye qu l'Èsprit del Houlote t'a rèspondou... nu t'èwâre nin, c'n'è nin l'pus åhèye mè c'n'è nin dol canay'rèye... à fwèce di moussï foü par nüte...

Avou quéquès heûres d'astådje, è quéquès aûtes d'avince, c'est mi qui t'sohète ine bone nûte... meyeûre, todi... mè bon, fårè fé çou qui få parè... ;-) Qu' Épona soit avec toi, Pèlerin !


feravec 06/02/2009 21:02

Je n'ai pas de thèse sur l'érotisme ! ...Seulement des hypothèses ! :-)
Ceci dit, je viens d'acheter une tablette graphique qui me permettra d'écrire mes courriels 'à la main'. Il manquera toujours le toucher du papier, la couleur et l'odeur de l'encre mais enfin, ce sera vraiment "manuscrit" !

Patrick Germain 06/02/2009 23:38


... argh...

Tu quoque mi fili ?
;-)


feravec 05/02/2009 18:14

et que dire alors quand c'est, de toute évidence, une lettre de femme ? Tellement émouvante déjà avant même de la décacheter avec lenteur et précaution attentive, tous les sens en éveil ? ...Erotisme postal en quelque sorte...:-)

Patrick Germain 06/02/2009 14:14


... érotisme tout court, va ! Ah, l'érotisme... tellement loin des leçons d'anatomie comparée et des dinettes pour adolescents prépubères dont la Toile est saturée... vaste sujet... si tu as une
thèse là-dessus, je suis preneur ;-)