Considérations sur l'art en général (2/?)

Publié le par Patrick Germain

L'artiste n'a pas à être engagé : son art l'engage par définition. Tous les régimes totalitaires l'ont compris : que celà échappe à une majorité de démocrates reste, pour moi, un mystère.

Tiens : “ mystère „ ! Faute de pouvoir le mettre à mort, la démocratie exigerait-elle de l'artiste qu'il se mette en scène ? Pour être crédible ? À tel point que l'on finit par se demander quel temps il reste à certains pour travailler ?

La “ société du spectacle „ a fini par créer des artistes sans art. Manière subtile pour un totalitarisme qui avance masqué de museler les uns tout en “ ringardisant „ les autres !

La place de l'artiste n'est pas à la Tribune, et surtout pas dans l'Hémycicle, où il dénature ce qu'il a de meilleur à donner ! Montrer-sa-gueule-partout dénature l'essence d'une expression artistique qu'il a – en principe – choisie parce qu'elle lui permettait précisément de mieux s'exprimer, de mieux exprimer, qu'en exhibant son fier nombril et ce quand-bien même son art l'amène à être en scène devant un public.

La fonction sociale de l'artiste est de nature visionnaire, de “ voir au-delà „, aux avant-postes de la philosophie, là ou il n'y a encore rien à expliquer mais seulement des choses à “ dire „.

Il est urgent que les artistes reviennent à leurs  “ fondamentaux „ dans un monde en crise et totalement dépourvu d'imagination ! Le reste appartient à d'autres.

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Aux frontières du sensible, l'artiste est un guetteur, veilleur, un Éveilleur. L'artiste n'a pas à être un gourou.

De la même manière que les piquets enfoncés dans le sol de part et d'autre des routes du Haut-pays ardennais ne sont que les témoins de l'existence d'une de celles-ci sous le manteau de neige ou de brouillard, il n'est pas la Voie. Ni même Le Témoin de La Voie : il témoigne de l'existence d'une de ses formes à un moment, un endroit, donnés.

Il est sur la Voie, récepteur des vibrations de celle-ci qu'il retranscrit en ayant le devoir d'être éveillé, bien conscient que tout ce qu'il pourra “ dire „, étant passé par son vecteur, n'est pas ce qui Est.

S'il a un devoir social, devenant alors l'albatros “ exilé sur le sol au milieu des huées „, c'est celui de témoigner du caractère aléatoire de tout système de pensée, de la nudité fondamentale de tout roi du monde. D'être alors le fou, l'esclave qui rappelle au maître qu'il est mortel. Il n'a pas vocation à être son singe !

Publié dans Ca barde !

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