Confiteor

Publié le par Patrick Germain

Je confesse au fric tout-puissant, aux psy, aux bien-pensants et à vous tous, mes frêêêêres, que j'ai péché en pensée, en parole, par action et par omission. Oui, j'ai vraiment péché :

par mes lâchetés ordinaires, qui m'ont fait hausser les épaules quand on assassinait les mots pour satisfaire les médiocres, et leur faire dire leur contraire au nom d'une démocratie vendue aux marchands de savon, sachant pourtant que tuer les mots c'est museler le sens critique en occultant des pans entiers d'une histoire qui se raconte loin des historiques mensonges ;

qui m'ont fait applaudir, tartuffe, aux lieux communs de ces élites soucieuses d'asseoir leur pouvoir en faisant accroire à des ânes que braire était de la musique et montrer son cul de l'audace ;

qui, au nom de la liberté, de l'avenir de la planète ou Dieu sait quelles certitudes prônées du haut des mêmes chaires par de nouveaux ensoutanés, m'ont fait complice d'excités qui pour avoir posé les bottes n'en restent pas moins assassins ;

qui, pour avoir la paix et jouir du statut de presque-marginal, m'ont fait montrer les dents à de vieilles comtesses quand il fallait me taire et méditer encore, tourné vers le futur et guettant ses possibles ;

et qui, redevenant peu à peu présentable, m'ont fait renier les noms de ces chiens en rupture avec lesquels naguère et d'une extrême à l'autre je mendiais un sourire en me souciant bien peu d'où il me mênerait.

Je m'accuse de tout ce qui fait qu'un humain peut ne pas être humain pour se fondre à la masse sous un quelque prénom cachant mal l'unité d'une même parresse à devenir Soi-même ; les mêmes soumissions aux mêmes génétiques de pouvoirs pathogènes désignant la santé à la même vindicte de faussement guéris, authentiques esclaves d'autant de faux élus célébrant de faux dieux servant de vrais pervers !

C'est pourquoi m'accusant de trop leur ressembler et craignant à raison de m'y complaire un jour si ce n'est fait déjà, je supplie le fric tout-puissant, les psys, les bien-pensants et vous aussi mes frêêêêres de ne rien changer et de m'oublier autant que possible. Ce qui devrait, à vrai dire et gardée la délicate hypocrisie d'une fausse humilité me rendant plus cher encore à leurs coeurs, ne poser aucun problème majeur.

Publié dans Ca barde !

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