Samedi 14 février 2009
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À l'heure ou Eus-Arduenn vient de rejoindre la “ communauté régionaliste „, il n'est sans doute pas
inutile de (re)préciser pourquoi je revendique le vocable de “ barde en Terres d'Ardenne „.
S'il ne fait aucun doute que la culture de Seine-Oise-Marne s'est implantée en Ardenne quelque trois mille ans avant
l'ère chrétienne, il est indéniable que ce sont les Celtes – aux confins des périodes de Hallstatt et de la Tène – qui vont la coloniser significativement pour la première fois. Ils y laisseront
de nombreuses traces, exploitant entre autres des gisements d'or natif et alluvial et y écrivant quelques unes des pages les plus émouvantes – à défaut d'être les plus médiatisées – de la
résistance à César.
Et s'il est probable que la déesse Arduinna soit d'origine pré-celtique, ce sont bien les celtes qui lui donneront
l'éclat nécessaire à la traversée des siècles.
Bref, le fait celtique ardennais précède de loin sa romanisation. Ne parlons même pas de sa christianisation, qui ne sera
jamais – pour preuve – une réussite complète et ne sera bien établie qu'avec l'arrivée de Remacle vers le milieu du VII° siècle.
Revendiquer l'identité celtique de l'Ardenne n'est donc pas, tant s'en faut, une hérésie.
Et même si les exemples de dérive ne manquent pas, revendiquer une identité celtique ne constitue en rien une adhésion
aux thèses d'une extrême-droite en mal de justification. Tant il est vrai qu'il est désormais établi que ces imageries, directement issues des divagations nationalistes et/ou romantiques qui ont
fait florès au XIX° siècle, ne correspondant quasiment en rien à la réalité d'une culture que les travaux les plus récents des chercheurs nous permettent - enfin - d'appréhender avec toute la
sérénité voulue.
RÉGIONALISME
De même, régionalisme ne signifie pas fermeture d'esprit, mais ouverture à l'autre, dans le cadre d'un dialogue ouvert
permettant entre autres de court-circuiter les nationalismes dans la perspective d'une dynamique européenne réellement constructive.
Il est en effet important, il est déterminant, pour l'avenir des grands ensembles qui se profilent à l'horizon de
l'humanité, que les particularismes qui vont les composer y entrent en tant qu'acteurs porteurs des richesses de leurs cultures respectives, et non en tant que matériaux plus ou moins consentants
d'une machine à broyer les identités.
En ce, on l'aura compris, je suis partisan d'une Europe des Régions. Régions qu'il sera indispensable de définir en
termes de culture, d'attaches communes, bien plus qu'en fonction d'impératifs économiques et/ou destinés à ménager les susceptibilités nationales.
En l'occurrence, l'Ardenne est une et indivisible, de Sedan à Monschau en passant par Bastogne et des portes de Liège aux
berges de la Sûre. Je sais qu'il est d'ores et déjà des projets de – nouvel – éparpillement de notre identité ardennaise, et j'invite tous ceux que ce phénomène préoccupe à réagir dès maintenant
par les moyens en leur possession.
BARDE ?
Dans un monde où il est important de pouvoir se situer sur une carte de visite, ma position est particulièrement
inconfortable. Les uns diront de mon parcours humain et professionnel qu'il est particulièrement riche, les autres qu'il révèle une instabilité chronique. Sacrés binaires, va !
En fait, il n'y a que dans le barde que je puisse me reconnaître.
Parce que je revendique, on l'a vu, l'identité celtique de l'Ardenne ; et que je tente de la dire et de dire l'Ardenne
par des moyens que l'on qualifiera d'artistiques : poésie, prose, articles, photographies, céramiques etc.
Parce que ces médias ne sont pour moi que des médias et non l'objet, l'essence, d'une quête beaucoup
plus vaste que celle d'une quelconque reconnaissance sociale.
Parce que je considère que les quelque cinquante années écoulées depuis ma naissance ont constitué, au moins pour
quarante d'entre elles, un lent apprentissage de l'humain dans toutes ses dimensions qui me permet, aujourd'hui, de me situer au début de ma période de restitution, de transmission. Étant entendu
que l'apprentissage n'est jamais fini dès lors qu'il s'agit, sans équivoque, de tendre à la connaissance du Soi. À une harmonie aussi intense que possible avec le Tout.
En ce, et sans me rallier à un quelconque courant sensé remonter aux origines d'un druidisme dont on ne connaît à vrai
dire pas grand chose, je me sens, pleinement, barde.
Voilà, je crois avoir tout dit, ou presque. Car il faut en garder pour la suite, n'est-ce pas ?
Par Patrick Germain
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Publié dans : Bardiques
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