Barde en Terres d'Ardenne ?

Publié le par Patrick Germain

À l'heure ou Eus-Arduenn vient de rejoindre la “ communauté régionaliste „, il n'est sans doute pas inutile de (re)préciser pourquoi je revendique le vocable de “ barde en Terres d'Ardenne „.


S'il ne fait aucun doute que la culture de Seine-Oise-Marne s'est implantée en Ardenne quelque trois mille ans avant l'ère chrétienne, il est indéniable que ce sont les Celtes – aux confins des périodes de Hallstatt et de la Tène – qui vont la coloniser significativement pour la première fois. Ils y laisseront de nombreuses traces, exploitant entre autres des gisements d'or natif et alluvial et y écrivant quelques unes des pages les plus émouvantes – à défaut d'être les plus médiatisées – de la résistance à César.

Et s'il est probable que la déesse Arduinna soit d'origine pré-celtique, ce sont bien les celtes qui lui donneront l'éclat nécessaire à la traversée des siècles.

Bref, le fait celtique ardennais précède de loin sa romanisation. Ne parlons même pas de sa christianisation, qui ne sera jamais – pour preuve – une réussite complète et ne sera bien établie qu'avec l'arrivée de Remacle vers le milieu du VII° siècle.


Revendiquer l'identité celtique de l'Ardenne n'est donc pas, tant s'en faut, une hérésie.

Et même si les exemples de dérive ne manquent pas, revendiquer une identité celtique ne constitue en rien une adhésion aux thèses d'une extrême-droite en mal de justification. Tant il est vrai qu'il est désormais établi que ces imageries, directement issues des divagations nationalistes et/ou romantiques qui ont fait florès au XIX° siècle, ne correspondant quasiment en rien à la réalité d'une culture que les travaux les plus récents des chercheurs nous permettent - enfin - d'appréhender avec toute la sérénité voulue.

RÉGIONALISME

De même, régionalisme ne signifie pas fermeture d'esprit, mais ouverture à l'autre, dans le cadre d'un dialogue ouvert permettant entre autres de court-circuiter les nationalismes dans la perspective d'une dynamique européenne réellement constructive.

Il est en effet important, il est déterminant, pour l'avenir des grands ensembles qui se profilent à l'horizon de l'humanité, que les particularismes qui vont les composer y entrent en tant qu'acteurs porteurs des richesses de leurs cultures respectives, et non en tant que matériaux plus ou moins consentants d'une machine à broyer les identités.


En ce, on l'aura compris, je suis partisan d'une Europe des Régions. Régions qu'il sera indispensable de définir en termes de culture, d'attaches communes, bien plus qu'en fonction d'impératifs économiques et/ou destinés à ménager les susceptibilités nationales.

En l'occurrence, l'Ardenne est une et indivisible, de Sedan à Monschau en passant par Bastogne et des portes de Liège aux berges de la Sûre. Je sais qu'il est d'ores et déjà des projets de – nouvel – éparpillement de notre identité ardennaise, et j'invite tous ceux que ce phénomène préoccupe à réagir dès maintenant par les moyens en leur possession.

BARDE ?

Dans un monde où il est important de pouvoir se situer sur une carte de visite, ma position est particulièrement inconfortable. Les uns diront de mon parcours humain et professionnel qu'il est particulièrement riche, les autres qu'il révèle une instabilité chronique. Sacrés binaires, va !

En fait, il n'y a que dans le barde que je puisse me reconnaître.

Parce que je revendique, on l'a vu, l'identité celtique de l'Ardenne ; et que je tente de la dire et de dire l'Ardenne par des moyens que l'on qualifiera d'artistiques : poésie, prose, articles, photographies, céramiques etc.

Parce que ces médias ne sont pour moi que des médias et non l'objet, l'essence, d'une quête beaucoup plus vaste que celle d'une quelconque reconnaissance sociale.


Parce que je considère que les quelque cinquante années écoulées depuis ma naissance ont constitué, au moins pour quarante d'entre elles, un lent apprentissage de l'humain dans toutes ses dimensions qui me permet, aujourd'hui, de me situer au début de ma période de restitution, de transmission. Étant entendu que l'apprentissage n'est jamais fini dès lors qu'il s'agit, sans équivoque, de tendre à la connaissance du Soi. À une harmonie aussi intense que possible avec le Tout.

En ce, et sans me rallier à un quelconque courant sensé remonter aux origines d'un druidisme dont on ne connaît à vrai dire pas grand chose, je me sens, pleinement, barde.

Voilà, je crois avoir tout dit, ou presque. Car il faut en garder pour la suite, n'est-ce pas ?

Publié dans Celtiques

Commenter cet article

gg 14/02/2009 20:18

J'y ai ajouté un lien à partir de Facebook.