Réflexions à propos d'une planète à sauver

Publié le par Patrick Germain

Je viens de passer une bonne partie du week-end à me documenter au sujet du réchauffement climatique, et le moins qu'on puisse dire est qu'il n'y a pas unanimité.

Pas unanimité, non. Ça vous étonne ? Moi-aussi, dans la mesure ou, à force de grands messes médiatiques, j'avais fini par devenir le croyant que, paradoxalement, j'ai toujours refusé d'être sur le plan religieux.

Pris dans cette avalanche de vérités péremptoirement balancées à propos de tout et de rien dans laquelle nous baignons, j'étais en train de ne plus penser, réagir, bref de ne plus vivre que par personnes “ autorisées „ interposées. Et, “ autorisées „ ou pas, je n'aime pas ça.

Bref – comme il conviendrait de ne s'en point étonner (tétonner, j'adore...) - il n'y a pas plus de vérités intangibles en matière climatique qu'il n'y en a au sujet du tabagisme.

Attends, avant de te mettre à hurler : je ne dis pas que tout ça est faux, je dis qu'un consensus n'est pas une preuve. Galilée, tu connais ? Intéressant le cas Galilée, en l'occurrence, dans la mesure ou il est désormais avéré que l'Inquisition a été instrumentée par les sommités scientifiques de l'époque.

Et que l'humanité n'a guère évolué depuis, sur le fond : ce ne sont pas les centaines de scientifiques actuellement mis à 'index qui me démentiront. On ne brûle plus les hérétiques, de nos jours, on leur coupe les vivres. Et leur procès – ad hominem de préférence – a lieu dans une arène médiatique où leur présence ne sera tolérée que dans la mesure où elle servira la cause entendue.

Bref, pour en revenir à nos moutons et n'ayant aucune prétention scientifique, je me contenterai donc de relever que le consensus n'en est plus un dès lors qu'il s'agit de déterminer les causes du réchauffement, son originalité relative dans l'histoire de la planète,  la pertinence de certains indices, et les conséquences potentielles.

Si vous en doutez – et j'espère bien que vous en douterez – lancez une recherche sur la Toile : c'est édifiant. À plus d'un titre.

Édifiant entre autres parce que la réflexion critique de Guy Debord au sujet de “ La société du spectacle „ prouve ici toute sa pertinence. En fait, la validation scientifique des faits importe moins – quand elle importe – que le message politique sous-tendu qui, lui, n'a pas besoin de ces longs débats tellement ennuyeux que nous n'avons de toute manière pas, paraît-il, la capacité de digérer.

Un bon petit documentaire bien saignant, quelques scientifiques “ autorisés „, le tout saupoudré de vedettes du show-business vachement conscientisées et hop : circulez, y'a rien à voir !

Car, que nous dit-on ? Que la planète est en danger, que la catastrophe est imminente et que la faute incombe aux facteurs humains. C'est, manifestement, un peu court. Mais ça passe.

Ça passe même très bien dans les milieux d'affaire, qui trouvent là une vraie cure de jouvence : non seulement l'écologie fait vendre, mais elle permet aussi à l'occasion d'être grassement payé pour nettoyer les saloperies qu'on a laissé derrière soi du temps ou on-ne-savait-pas. Ça passe admirablement du côté du lobby nucléaire, qui se sent (re)pousser des ailes. Ça passe très bien, également, chez les politiques en mal de financement : allez donc vous opposer à un (?) impôt destiné à sauver la vie de vos enfants ! Ça passe vachement bien en bourse, aussi : demandez à Al Gore ce qu'il en pense.

Et le social, là-dedans ? Le social, on s'en fout, puisqu'on vous dit que la catastrophe est imminente et que c'est votre faute... 'n'allez pas faire chier le monde dans ces conditions, tout de même ? Quelle importance que – comme pour ce qui concerne le tabagisme, tiens, tiens... - ce soient les moins nantis (on ne dit plus “ les pauvres „, c'est relatif, mon ami, la pauvreté, c'est relatif...) qui trinquent, au bout du compte ?

Je n'ai pas attendu les Cassandre pour dénoncer le mépris des humains pour une planète aussi vivante qu'eux, et les conséquences que cette attitude pouvait avoir. Mais j'ai horreur d'être pris pour un con !

Que le capital me tienne pour tel ne me dérange pas : après tout, il est dans son rôle.

Mais que de soit-disant humanistes tissent la toile d'une nouvelle dictature au service de celui-ci me fait d'autant plus pleurer de rage que nombre d'entre eux sont foncièrement honnêtes. Me fait hurler de rage lorsque je constate qu'ils sont, “ à l'insu de leur plein gré „, complices de la perpétuation d'un système qui n'a déjà que trop de victimes à son actif !

Nous ne “ sauverons „ pas la planète sans sauver les humains qui la peuplent et qui – contrairement à un autre poncif – ne sont pas trop nombreux. Faire l'économie du discours philosophique et politique au nom d'une Union sacrée telle que prônée par les tartuffes du réchauffement climatique est une escroquerie intellectuelle !

Nous ne pourrons pas éternellement passer à côté d'une refonte intégrale de nos systèmes de pensée et d'action prenant en compte les multiples impératifs croisés qui permettront de léguer aux générations futures l'ébauche d'une planète – réellement – propre.

Sans cette “ Insurrection des consciences „ dont parle Jean Ziegler.

Tout est à réinventer. Et l'on ne peut pas le faire sans l'appui des peuples, auxquels il est trop simple de reprocher leur ignorance et leur passivité quand on a, des décennies durant et pour autant de motifs plus ou moins avouables, contribué à les y installer ! La balle est dans le camp des clercs : qu'ils descendent de ce piédestal où le société du spectacle les a placés, et qui ressemble tragiquement à une niche !

Publié dans Ca barde !

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gg 05/03/2009 13:25

On ne peut nier les conneries humaines, que le réchauffement en soit le résultat ou non.Malheureusement, le discours inverse accélérera l'inconscience humaine ! Continuons puisque c'est pas prouvé que c'est nous...Ceci dit, il faut lire «la Terre va t-elle s'arrêter de tourner ?» écrit par Haroun Tazieff il y a 20 ans !Le bonhomme s'est fait incendier à l'époque... un comble quand on parle de réchauffement climatique.

Patrick Germain 25/03/2009 14:11


Je ne suis pas sur que l'inconscience humaine puisse évoluer notablement à un rythme soudainement accéléré. Je ne doute pas, par contre, que des arguments patascientifiques (en ce sens que, valides
ou pas, ils ne se plient pas aux règles de la rigueur scientifique et de la publication contrôlée / validée par la communauté scientifique) utilisés fassent le jeu des "consciemment inconscients"
qui auront alors beau jeu de revenir à la charge avec des n'importe quoi du style créationnistes... Quand les enjeux sont de cette taille, il convient d'avancer couvert, quitte à y laisser un peu
de temps et... de prestige personnel...
Mon propos n'est pas de nier, il est de mettre en garde. Les Indiens des tribus 'Amérique du Nord disaient - m'est il revenu : que "la Terre seule durera". Et elle durera. Verte, bleue, jaune ou
chocolat bleu-pâle, jusqu'au jour où elle sera absorbée par le soleil. C'est donc bien l'Humanité qu'il s'agit de "sauver" en l'élevant... élève-t-on un enfant en lui mentant ? Consciemment ou non,
pour "la bonne cause" ? La question est posée.