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Peut-être alors, un jour de grand silence ou nous aurons tourné le bouton des moulins à parole, nous retrouverons-nous près du ruisseau, à la source. Il y a là des arbres aux racines secrètes qui fouillent sous la berge la mémoire du temps. Nous étions, souviens-toi, des poussières d'étoiles avant cette saison d'argiles passagères, et nous reconnaîtrons dans ce qui nous entoure la présence du Tout, intense et fraternelle au-delà des paraître.
Il n'y aura alors ni commencement ni fin, ni élus, ni punis : juste un instant du monde où nos voix s'unissant à la voix des racines, du ruisseau et des pierres, nous fondront l'un dans l'autre sur la note parfaite et la note parfaite à l'Harmonie du Tout. Un jour, alors, près du ruisseau, nous saurons que l'exil n'était qu'une apparence, que nous avons marché l'un à côté de l'autre de toute éternité, que nos yeux sont ouverts sur notre temps d'aimer.