Un jour, si tu le veux ...

Publié le par Patrick Germain

Un jour, si tu le veux, je te parlerai d’arbres ; de fanges, de rochers, et du ciel quand il pleut. Un jour, un jour, si tu le veux.

Un jour, si tu le veux, je dirai l’espérance engourdie sous le gel aux hivers de l’ici. Je dirai que tout dort, attente de renaître, quand la mort semble avoir triomphé de la vie.

Un jour, je te promets, je te dirai l’espace qui naît en barbelés quand paradent les fous. Je dirai, bras ouverts, que l’amour est à prendre ; à prendre et à donner envers et contre tout.

Je dirai l’étranger et sa tant ressemblance, son exil qui m’étreint, ses yeux qui sont les miens. Je dirai l’oiseau mort sur l’océan de moires : les peuples sont bourreaux dans leur propre maison.

Je te dirai alors que rien n’est ici bas, rien, qui puisse vibrer sans que vibre avec lui, dans le moindre recoin, au cœur des forteresses, le chant de l’univers qui nous maintient debout.

Un jour, si tu le veux, avant le grand passage, je te raconterai le feu qui ne meurt pas ; je te raconterai mes tours et mes détours, et la médiocrité d’où renaît la lumière quand les blessures font œuvre de lendemain.

Un jour, si tu le veux, je te parlerai d’arbres.



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