Bonjour !

Publié le par Patrick Germain

... tout simplement. Car il suffit de peu, d'un mot, parfois : bonjour !

À vous tous qui passez, pour autant de raisons (même aux inquisiteurs, pauvres chiens affamés, à plaindre plus qu'à battre...) : bonjour ! Que tout vous soit donné, ou rendu, au centuple. La semence est en vous, mes mots ne sont que terre : bonjour, selon vos voeux.

Bonjour à toi, surtout, venu chercher ici quelque raison peut-être, envers et contre tout, de garder haut le fer. Pour la beauté du geste, s'il n'est d'autre motif, quand tout s'est effondré, que tous se sont enfuis ; qu'il ne reste que toi, là, à te demander si c'est bien raisonnable. S'il ne vaudrait pas mieux courir à la gamelle, abandonnant les armes et ton habit crotté d'avoir connu la boue amère des défaites qu'il eût suffit d'un mot pour qu'elles ne soient pas. Pour que l'on t'applaudisse d'avoir abdiqué, ou d'avoir asservi.

Allez, va : poses-toi un instant sur ces pages, sachant que si c'est bien de moi qu'elles sont nées, c'est pour toi qu'elles parlent !

Ouvre, à côté des miennes, les fontes fatiguées accrochées à ta selle : ce soleil-là ! Cet autre ! Cet instant fulgurant au milieu de l'orage ! Et cette main tendue que nous n'attendions pas. Que nous n'attendions plus ! Cette vérité nue, dans cet instant précis où il te fut donné de comprendre à jamais qu'il faut chercher longtemps, et regarder la boue avec un regard neuf pour y trouver cet or à nul autre pareil que les puissants du monde crèvent de n'avoir pas, et dont les religions assènent à leurs serfs qu'il est une illusion. La première pépite que tu as découverte. Ce matin dans la neige, où tu croyais mourir, et qu'un aigle voyant par tes yeux l'horizon savait être celui où tu allais renaître ! Et ce regard d'enfant sous des cernes adultes qui te crie : « Continues ! » avant que de répondre au sifflet de ce maître dont il sait que tu es la clef de la défaite !

En selle, beau Seigneur ! En selle, gente Dame ! Nous avons tant à faire, et demain n'est pas sur : il sera toujours temps d'aller se reposer quand rien ne restera que ce qui fut donné ! Bonjour ! Bonjour à vous !

Publié dans Bardiques

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