Danger : dégâts collatéraux !

Publié le par Patrick Germain

A quelques semaines d'élections parlementaires ou rien n'est moins sur que l'actuelle majorité Républicaine l'emporte, Bush a frappé (...) très fort : "Le président peut désormais, avec l'accord du Congrès, maintenir indéfiniment en détention des personnes sans chef d'accusation, (...) inculper des gens sur des rumeurs et autoriser des procès pouvant aboutir à la peine de mort sur la base de témoigages obtenus par la force", s'est indigné (...) Anthony D. Romero. (Le Monde en ligne)

Le tout sur fond de prisons délocalisées.

Alors une chose, une seule : que tous ceux qui se croient à l'abri de telles lois fourre-tout, autorisant tout en son contraire, se détrompent. Car il n'est pire suspect que celui qui s'ignore. Le plus inoffensif des agents de quartiers sait qu'en cherchant bien, il y a toujours quelque chose à trouver derrière les façades. Et nous savons tous que le moindre pet de mouche états-unien engendre des répercussions sur l'ensemble de la terre.

Dans un climat délétère, sur une planète où le moindre regard est disséqué, interprété. Ou le moindre geste est suspect. Ou il ne sera bientôt plus possible de dire, ou d'écrire, trois mots sans les conseils d'un avocat et d'un psy drillés au "politiquement correct". Ou la communication, en un mot comme en cent, a remplacé le dialogue ; tous les ingrédients sont en place pour que des lois votées par des démocrates, dans un cadre sécuritaire manipulant - même au prix du mensonge - une  paranoïa contagieuse qui ne doit rien au hasard, légitiment l'apparition de régimes totalitaires.

Pensez-y. Pensons-y. Quotidiennement. En portant, par exemple, un regard critique sur l'information. Toute l'information. Y compris celle, insidieuse, contenue dans des séries télévisées apparemment anodines. Car, d'accord ou pas, il a été décidé "en haut lieu" que nous étions en guerre, et l'expérience nous apprend que rien n'est moins fiable que l'information - toute l'information - dans ces conditions.

Mais pour terminer sur une note plus optimiste, l'expérience nous apprend aussi que les américains sont le meilleur antidote aux excès de l'Amérique. Tout n'est donc pas perdu. Même si ça commence à urger !

Publié dans Ca barde !

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