L'été zinzin

Publié le par Patrick Germain

Ce matin mon voisin et néanmoins pote Pat n'avait apparemment ni fumé l'eau de l'aquarium d'un poisson rouge de passage, ni bu la moquette vert pistache de chez Tonton Tapis qu'elle-est-à-chier-mais-qu'à-ce-prix-la-tu-sais... Bref : normal.

N'empêche. D'un seul coup, d'un seul, et sans les sommations d'usage, le voila-t-il pas qui me pulvérise la douce hébétude dans laquelle baignent traditionnellement mes premiers pas vers le jour qui s'annonce : "L'aura pas été terrible, cette année, l'été indien, hein ?" qu'il me dit !

Ça, tu vois, c'est le genre de truc qui me met de très mauvais poil quand on me le balance tandis que je baigne dans la douce hébétude (...) ! Parce que, précisément, dans la douce (...) il s'avère déterminant pour la suite des événements que mon cerveau gazole puisse préchauffer gaiement en redécouvrant son environnement au moyen de termes choisis. C'est ainsi : y'en a qui ont besoin d'entendre que la Bourse atteint des sommets, d'autres que les humains sont toujours aussi cons que la veille (oui, je sais, je me répète...) ou que sais-je encore. Moi, c'est la redécouverte de mon environnement en termes choisis.

Joe. Joe Dassin. C'est la faute à un mec nommé Joe Dassin. Ça s'invente pas : un interprète de talent, une de ces chansons qui te marquent leur époque et zou, te voila avec un "été indien" à la place de "l'été de la Saint-Martin".

Et là, tu vois, c'est plutôt un calibre choisi, pour massacrer tout ce qui bouge sur deux pattes, que mon cerveau recherche, furax d'avoir été arraché à (...).

Pourtant, il le disait bien, Joe :
"... C'était l'automne, un automne où il faisait beau
Une saison qui n'existe que dans le Nord de l'Amérique
Là-bas on l'appelle l'été indien..."

[... tibidoubidoubidoubidoubidoubidou (musique d'annonce) : "Ici Londres : "que dans le Nord de l'Amérique" - je répète : "que dans le Nord de l'Amérique" ... tibidoubidoubidoubidoubidoubidou (musique précédant le bombardement de votre chambre à coucher)...]

Bref, voila qui prouve au moins trois choses : la première, c'est qu'un auteur a toujours intérêt à sa la jouer modeste parce que, deuxième chose, les gens, là comme ailleurs, n'entendent généralement que ce qu'ils veulent bien entendre, et de la manière dont ils veulent bien l'entendre.

La troisième, c'est que... BORDEL DE MERDE, LE (LA) PROCHAIN(E) QUI ME PARLE DE L'ÉTÉ INDIEN, JE LUI MORDS SAUVAGEMENT L'OREILLE AVANT DE LE (LA) ROULER, TOUT(E) NU(E), DANS UNE FOURMILIÈRE BIEN ARDENNAISE ! COMPRIS ?!

Hmm ? Oui, je sais : y en a qui risquent d'aimer ça, mais bon... ;-)

PS : j'ai découvert naguère une joyeuse bande de dingues qui, entre autres choses, a revisité "L'été indien". La "Campagnie des Musiques à Ouïr", qu'ils s'appellent. Et dans le genre antidépresseur, ça décoiffe ! Par ici http://www.musicaouir.fr/ m'sieurs, dames, et je les ajoute de ce pas dans mes liens choisis.


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