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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /2007 16:00
"Salut a toi barde bordélique,
toujours en train de délirer et d'inciter des petits jeunes a gâcher leur vie, non, tu n'as pas changé, et pour tout te dire ça me fait énormément plaisir".

Salut à toi, blanc-bec,

toi aussi, tu me fais bien plaisir. Cette photo, manière de carte postale : "...nous étions jeunes et larges d'épaules, bandits joyeux, insolents et drôles...". Pas trop changé, non, tu as raison. Et tu fais bien de me le rappeler.


Il n'y a que les gens qui regrettent, qui changent. Qui font semblant. Parce qu'un bourrin reste un bourrin. Et un cheval fou, un cheval fou. Ils auront beau faire. Les deux ont leurs avantages, sont utiles au cours des choses.

Ceci dit, on voit plus de bourrins vouloir devenir - trop tard - des chevaux fous, que l'inverse. Mais la folie, c'est de la noblesse qui crèche dehors par tous les temps. Ça ne s'attrape pas, ça se cultive. Ça se paie, toujours. Et cher, parfois. Les bourrins l'oublient un peu. Mais c'est si bon !

"À cause de toi et de mécréants faiseurs de sdf de ton espèce, et peut être aussi de certain penchant personnel, j'ai passé dix années terribles a vagabonder (...) Bref j'ai bien vécu et je compte bien continuer".

Ouaip. Ben sur ce coup la, tu me fais vieillir, petit con !

Tu sèmes des trucs, des graines sauvages, et puis, un jour, y'a un bleuet dans la récolte qui te fait "coucou". Solide. D'accord : t'es content. Mais tu te rends compte, aussi, que le temps a passé, lâchement, dans ton dos.

Soit. Ce n'était donc pas tout à fait du temps perdu. Et y'a des survivants.

Garde-écurie ! Ma selle, bordel ! J'ai encore des trucs à semer : des herbes folles, des bleuets dans les récoltes. Vite ! Pour que des petits morveux m'écrivent encore des trucs qui me font plaisir quand je serai, vraiment, devenu vieux. Et que je n'aurai pas changé. Parce que je ne vois pas pourquoi je changerais.

Salut. Salut à toi, affreux, à tes semblables. À celles et ceux que j'ai contribué à faire mal tourner, d'une ou l'autre manière, et que j'aime.

À mes bleuets d'amour.

Par Patrick Germain - Publié dans : Déférences
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