Cher Pragmatique,

Publié le par Patrick Germain

il y a une éternité que l'envie me démange de t'écrire t'envoyer quelques très pragmatiques sentiments distingués dans les ganaches. Le moment est venu.

Depuis bien trop longtemps maintenant, ta présence fétide empuantit chaque recoin du quotidien. Ordure assumée, crétin ordinaire ou curé malfaisant d'autant de supposées Vérités, tu as embrenné les humains après t'être emparé des médias. De la dictature du fric à celle du bonheur - généralement liée, peu ou prou, à la première - tu as réussi à pervertir jusqu'aux idéaux les plus généreux. Car à l'instar de tous les pervers, ton phantasme suprême est d'entraîner le monde entier dans ta soue.

Pour tout te dire, ça doit bien faire une trentaine d'années que je te vois venir, et qu'après avoir frôlé quelques lapidations aussi prophétiques qu'inutiles, je me suis mis à t'étudier depuis le poste d'observation avancé d'où je te balance cette gentille salve dont je me permets de te faire remarquer au passage qu'elle procède d'une montée en puissance progressive contre laquelle tu ne peux déjà plus rien.

Près de trente ans que tu progresses, que tu salopes les esprits en même temps que la planète. Ton arme stratégique, la culpabilisation, est celle de toutes les magnificentes crapules. Tu sais mieux que quiconque qu'un brave type culpabilisé peut très vite partir en vrille vers la toile où, répugnant orthoptère, tu t'empresseras de l'emberlificoter dans la bave de tes bassesses ordurières en criant à la cantonade que tu ne l'y as pas obligé. Et ça marche ! Le pragmatisme, version "cache-sexe de la lâcheté", s'est insinué partout.

Mais sans doute auras-tu remarqué que j'ai parlé de t'étudier, non de te résister. Alors voilà, j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer : tu es, sans conteste, devenu le maître du monde. Mais.

Mais, à force de te vautrer dans toutes les merdes de l'humanité, tu as chopé la lèpre. La pire de toutes. Souche pas mutante pour un sou venue à pied du fond des âges, elle a jeté bas tous les empires et n'a pas d'antidote. Ni la générosité téléthonée, ni la conversion au bouddhisme tendance main-de-ma-soeur-dans-l'uttarâsangha, ni l'ouverture au logiciel libre,  ni l'attention délicate mes fesses... rien n'y peut rien faire : tu vas crever.

Sans doute, à l'instar des dinosaures, ton agonie sera-t-elle accompagnée de redoutables soubresauts. Mais quoi qu'il en soit, Roi-des-rois ou tyranneau domestique, elle est inexorable.

Et je te la souhaite bien douloureuse.

Bises au chien crotale

P@3ck

PS : si d'aventure l'heureuse envie de te pendre venait à te passer par la tête, n'hésite pas : fais-le ! Et ce n'est pas la peine de perdre du temps en écrivant à tes proches : tu n'en as pas. Quant à ceux qui sont contraints de subir ta présence, rassures-toi, ils s'en remettront très vite. Oui, tes enfants aussi !

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