Nécrologies successives et néanmoins politiquement correctes

Publié le par Patrick Germain

Si je vous dis que le renard a chopé ma meilleure pondeuse, la nuit dernière, vous allez être quasiment unanimes à trouver ça dommage.

Où ça va diviser, c'est si j'écris : « Je vais poursuivre cette foutue charogne de renard jusque dans ses chiottes, et lui crever la panse ». Si ça se met, je risque même des emmerdes : les motifs passent, les lettres de dénonciations restent.

Par contre, si je constate, navré, qu'il y a encore beaucoup trop de conduites en plomb dans les campagnes et que ce malheureux renard ne va pas tarder à nous faire une crise de saturnisme aigu, vous voici de nouveau unanimement satisfaits. Sceptiques, peut-être, mais satisfaits.

Je déplore donc à la fois la mort de ma meilleure pondeuse, le fait qu'il y ait encore beaucoup trop de conduites en plomb dans les campagnes, et l'empoisonnement consécutif de ce malheureux renard qui avait l'air vraiment très mal en point lorsque je l'observais pacifiquement, tout à l'heure, dans mes lunettes d'approche à vision nocturne. Il va en défuncter, c'est sur.


Publié dans Un peu de pédagogie

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