À l'aube fine

Publié le par Patrick Germain


Et l'eau, long cours, s'en va, s'écoule, coule, là-bas vers la mer :
ruisseau, cascade, fleuve à l'hiver, étiage, berge, roselière.
Et là, mon pas, tranquille, fougère, pose ma voie sur la terre,
pose mon chant sur le miroir, reflet, mes joies, mes colères.

Passez, passons, fluides oublis, ancrés, encrés sur un fil ;
sur la tranche de maigres feuilles tracer un semblant d'utile.

J'écris à l'aube sur quelque bleu, les pleins, déliés, lumières
d'un ciel de vie, ciel d'aubépine, ta main posée sur mes vers
apaise le torrent, diamant, les grave, grave l'éphémère.
Je suis vivant, tu vis en moi, depuis, je vois et j'espère.

***


Publié dans Bardiques

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