Méditation dominicale : Beati Pierre Desproges V 4-3-2-1

Publié le par Patrick Germain

Bien plus que le costume trois pièces ou la pince à vélo, c’est la torture qui permet de distinguer à coup sûr l’homme de la bête.

Jacques Martin me voyant un jour ronronner de vanité nouvelle au milieu d'une brassée de téléspectateurs à stylos brandis, me fit une remarque que je n'ai jamais oubliée et qui me revient en mémoire chaque fois qu'un quidam enthousiaste me phagocyte les baskets, m'imposant ainsi à l'esprit l'idée saugrenue que je ne suis pas de la merde.
- Vois-tu, (…) mon cher Pierre, il est important que tu saches que le nombre de gens qui te voient en une seule soirée est à peu près trente fois supérieur au nombre total des gens qui ont vu Louis Jouvet pendant toute sa carrière.
Il est de fait que si chaque nouveau starillon ululeur de rock départemental, si chaque nouvelle célébritouille microphonique, si chaque détenteur de sourire de lavabo pour grabataires finissants méditait un instant cette remarque pleine de bons sens, combien de têtes de cul poudrées resteraient sur leur commode avec humilité, plutôt que de s'élever jusqu'à hauteur d'écran pour nous infliger les rots convulsifs de leurs malaises gastriques à l'heure apaisante des digestions assises.

En cas de morsure de vipère, sucez-vous le genou, ça fait marrer les écureuils.

Les jeunes ont été nombreux à m’écrire ces jours-ci, pour me traiter de vieux con. Si tant est qu’on puisse appeler "écrire" n'importe quelle tentative de représentation d'une ébauche de pensée par le biais de symboles graphiques incohérents couchés dans le désordre au mépris total de la grammaire, de la syntaxe, de l'orthographe et du souvenir de mon aïeule Germaine Philippin, institutrice de l'époque missionnaire, qu'une cédille oubliée décourageait aux larmes.

Je connais un perroquet parleur qui a poussé les limites de l’imbécillité volaillère jusqu’à l’infini. Branché sur son perchoir avec des grâces altières d’empereur trichromosomique surplombant les arènes à chrétiens, il lui arrivait de se réveiller soudain, à peu près toutes les vingt secondes, pour siffler à tue-tête les cinq premières notes de la marche du colonel Bogey.
N’était la chaleureuse amitié qui me lie aux humains que cet emplumé a apprivoisés, j’aurais depuis longtemps pris un plaisir exquis à lui défoncer la gueule à coups de clé anglaise ou à lui écarteler le trou du cul à l’aide d’un tisonnier chauffé à blanc.

Il y a une chose dont je suis certain c'est qu'il y a autant de misogynes femmes qu'hommes. Les femmes qui servent debout la soupe aux mecs assis ça existe encore, et c'est souvent la volonté des femmes... Ce n'est pas un truc de mec, la misogynie.

Amen



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