'Grandis pas, Big Borther t'aimera !

Publié le par Patrick Germain

Taraudé par les finalités d'une société qui tend à nous maintenir dans un état d'enfance à tous niveaux, je me suis replongé dans la lecture de l'incontournable “ 1984 „ d'Orwell.

 

Car, finalement, tous ces gens qui veulent mon bien n'allaient pas sans rappeler quelque chose entrevu adolescent, entre Tonio Kröger et Wanderer kommst du nach Spa (dans le texte – chuis encore plus intelligent que j'en ai l'air... ;o) grâce à un curieux prof' d'allemand nommé Pierre Martin.

 

Imbécile de moi ! J'en étais à me poser des questions alors que tout était là, écrit, évident et sans appel. Pardonne-moi, Pierrot !

 

Or donc, à l'attention de tous mes frères et soeurs indécrottables naïfs plus ou moins dupes :

 

“- Comment un homme s'assure-t-il de son pouvoir sur un autre, Winston ?

 

Winston réfléchit :

 

- En le faisant souffrir, répondit-il.

 

- Exactement. En le faisant souffrir. L'obéissance ne suffit pas. Comment, s'il ne souffre pas, peut-on être certain qu'il obéit, non à sa volonté, mais à la vôtre ? Le pouvoir est d'infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l'esprit humain en des morceaux, que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisies. Commencez-vous à voir quel sorte de monde nous créons ? C'est exactement à l'opposé des stupides théories hédonistes qu'avaient imaginées les anciens réformateurs. Un monde de crainte, de trahison et de tourment. Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu'il s'affinera, deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera un progrès vers plus de souffrance. L'ancienne civilisation prétendait être fondée sur l'amour et la justice. La nôtre est fondée sur la haine. Dans notre monde, il n'y aura pas d'autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l'humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout. „

 
Relisez, vite, “ 1984 „. Quelles que soient vos convictions politiques ou philosophiques et pourvu que vous soyez de ceux qui “ se trompent avec honnêteté „ (que les autres aillent au diable). Nous avons, tous, sans exception, à y gagner.



Hommage à Pierre Martin


Publié dans Ca barde !

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Bernadette Cornélis 26/08/2007 17:19

La peur permet à l'autre de faire encore plus souffrirC'est de la peur que naît la soumission.